Pourquoi se brancher???
Québec dépense 250 millions de dollars pour brancher 200 000 familles au Québec. Le jeu en vaut-il la chandelle?
Jeanne (nom fictif) est un cas typique de la famille visée par le programme: femme monoparentale, mère d'un charmant bambin de 4 ans, vivant à Laval au bord de la jolie Rivière des Milles-îles. Il ne lui manque qu'une chose: un ordinateur et… Internet. Pensez-y.
Jeanne, de par ses fréquentations amicales branchées, entend sans cesse parler des vices et vertus du Web. À bien y réfléchir, elle se demande de jour en jour si tout cela mérite bien d'être vécu. Voici ses cinq raisons de ne pas se brancher.
1-Les hackers
Ils détournent, volent et abusent des sites Internet. Un certain Mafiaboy, un ado de Montréal, est même parvenu à bloquer l'accès au monde entier à des sites commerciaux pendant plusieurs heures. La piraterie n'est plus l'apanage de la mer de Chine, elle surfe aussi sur les vagues virtuelles. Où va t-on?
2-Les virus
Ils frappent chaque jour, toujours sous un nouveau nom. CIH, Melissa, ILOVEYOU, ils portent des noms et incluent des messages adorables que l'on ne peut pas ouvrir sous peine de perdre ses MP3 (illégaux) et même son disque dur au complet. En plus, la nouvelle copine qui vient aussi de se brancher n'arrête pas d'envoyer des tonnes d'avertissements bidons digne des plus mauvais potins de bureau. Stop!
3-Les cookies
Non, ils ne se mangent pas. Les cookies traînent dans les fin fonds du disque dur, marque indélébile de nos passages sur Internet. Ils savent tout de nous, de nos habitudes de navigation à celle de notre consommation. Sur certains sites, les publicités sont même adaptées à nos goûts personnels. Ces traces entraînent alors un déluge de pourriels dans nos boites aux lettres (voir point 4)
4-Les pourriels
«Recevez un diplôme des plus grandes universités sans avoir étudié», «recevez 50 000$ en quelques semaines sans aucun effort», «aidez le pauvre Mario alité dans un sombre hôpital du Brésil qui attend une greffe du cœur»… Près de la moitié des messages que nous recevons n'ont absolument aucun intérêt. Le problème, c'est qu'à force de laisser traîner des cookies (voir point 3), Internet nous repère sans plus nous lâcher. Et c'est sans compter sur la générosité latente de la nouvelle-copine-récemment-branchée qui persiste à renvoyer à tous ces amis le dernier message de charité qui a si l'air crédible. Désespérant.
5-Les cyberdépendances
Les «accrocs du Net» souffriraient en moyenne de cinq désordres psychiatriques au cours de leur vie, selon un psychiatre américain. Sur les 14 cas qu'il a étudiés, neuf patients souffraient de maniaco dépression, sept de phobie sociale, trois de boulimie, quatre de crises de colère incontrôlables et huit avaient été alcooliques ou toxicomanes. Ça vous tente encore?
Et quand Jeanne a entendu parler du Silophone, le fameux le Silo numéro 5 de Montréal transformé en caisse de résonnance accoustique qu'il faut écouter par Internet ou au téléphone, ce fut la cerise sur le gâteau. Peut-il y avoir quelque chose de plus inutile, s'est-elle écriée. Branchez-vous, rebranchez-vous, qu'ils disaient…
Chronique rédigée par Gildas
Meneu
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 15 juin 2000