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| Tiré du magazine Influence |
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SP prise 2
« J'ai grandi men, j'ai eu un enfant, je suis rendu un père de famille,
j'ai plus le temps pour tout le reste des conneries, j'ai mes priorités
maintenant ».
Après 4 ans d'attente, l'enfant chéri du hip hop québécois
refait surface afin de remettre les pendules à l'heure et de répliquer
aux offusqués.
G: Quatre ans plus tard. Pourquoi tout ce temps?
SP: Il y a eu beaucoup d'obstacles. Ce nest pas juste le groupe qui avait
des problèmes, il y avait le label aussi qui avait des problèmes.
Cela a pris du temps parce quen gros l'album nétait pas
prêt puis il y a eu des problèmes internes dans le groupe.
G: Donc ta séparation avec Ti-Kid na définitivement pas
aidé?
SP: Oui parce qu'on avait déjà commencé à travailler
sur des morceaux, on avait déjà un plan de fait, puis il y a
eu la séparation du groupe et j'ai ensuite décidé de recommencer à zéro.
J'ai refait un autre album. Il y a deux ans, j'avais fini l'album et j'avais
réalisé que je nétais pas vraiment content, alors
il nest jamais sorti. Il y avait tellement de choses qui se passaient
que je navais pas pris le temps de m'asseoir pour me concentrer sur l'album.
G: Qu'est-ce qui est arrivé avec Cédric Morgan, le fondateur
de Mont-Real?
SP: En ce moment, il travaille sur d'autres choses à Vancouver, mais
il a encore son mot à dire dans la compagnie.
G: As-tu offusqué tant de monde que ça avec le premier album?
SP: Quand je dis réplique aux offusqués, c'est parce qu'en quelque
sorte je suis aussi un offusqué moi aussi. L'album est une réplique
de moi-même, je pense qu'il y a beaucoup de monde qui vont se sentir
visé même si je suis pas le style de mc qui va aller dire des
noms. Je parle plus en général, à part sur la track «Réplique
aux offusqués» ou là c'est vraiment personnel, mais le
reste de l'album, je parle vraiment en général. Cet album-là c'est
moi aujourd'hui en 2003, c'est où je suis rendu dans ma vie.
G: Sur 51450 tu rappais la rue et sur ton nouvel album on dirait que tu es
plus posé, est-ce que c'est parce que le territoire est moins hostile
qu'avant?
SP: (d'un ton assuré): Le territoire est peut-être plus hostile
qu'avant, je ne dis pas que je suis plus sage parce que pour moi l'album c'est
une continuité du 51450. Je crois juste avoir pris un peu de maturité,
mais la rue est présente quand même dans l'album sauf quil
ny a pas juste la rue dans la vie "you know !".
G: Ton premier album est devenu un classique dans le hip hop au Québec.
As-tu pensé à ça quand tu t'es mis à composer le
deuxième?
SP: J'étais très conscient de l'impact du premier, je voulais
qu'il soit plus fort que le premier sinon au même niveau. Il y a 2 ans,
je ne prenais pas vraiment le temps de réviser mes textes, mais aujourd'hui,
chaque phrase, chaque mot que j'écris a un but. Je ne peux pus écrire
des rimes juste pour écrire des rimes; il faut que j'aie un but quand
j'écris. C'est pour ça que je ne "freestyle" pas parce
que quand tu freestyle, tu ne penses pas.
G: T'as l'air plus posé, moins "boosté" qu'avant, qu'est-ce
qui t'es arrivé?
SP: J'ai grandi men, j'ai eu un enfant, je suis rendu un père de famille,
j'ai plus le temps pour tout le reste des conneries, j'ai mes priorités
maintenant.
G: Comment ton fils a changé ta vie?
SP: (avec un grand sourire): Tu vois, mon fils Andy K c'est une des raisons
pourquoi l'album est ce qu'il est. Il m'a gardé focus. Ça m'a
fait réaliser mes priorités. J'étais rendu à un
point où je me foutais de tout, même des critiques. Avec l'enfant, ça
m'a ouvert les yeux, ça m'a fait retourner au lab, écouter les
critiques, tester mes tracks sur les foules et prendre le temps de travailler
mon "shit". Je te dis, si je navais pas eu mon enfant, il ny
aurait pas eu d'album!
G: Est-ce que tu vis le hip hop de la même façon qu'il y a quatre
ans?
SP: Le love que j'ai pour le hip hop est pareil, mais je le vis pas pareil,
c'est pus une affaire de patnais, c'est business. Je le feel de la même
façon. Quand j'écris une track ou que je suis en studio, je mets
la même énergie que dans le temps sauf que je ne peux pas dire
que je le vis de la même façon parce que je suis rentré dans
une autre phase et maintenant c'est le deuxième album et je sais que
les attentes sont hautes.
G: Parle-nous de ton film?
SP: C'est Yannick Létourneau qui m'a checké. Il voulait faire
un documentaire sur ce qui se passe en arrière, offstage pour un mc
d'ici. On me suit pendant... un an, depuis que ma dame est enceinte. On me
suit même à ma job dans une usine de pièces d'autos parce
que lorsque j'ai su que j'allais avoir un kid, il fallait que j'aie quelque
chose de stable. Javais quasiment mis le hip hop de côté dans
cette période-là parce que j'avais pas la tête à ça,
j'avais trop de stress et il fallait que je puisse donner à mon kid
tout ce dont il avait de besoin.
G: Qui est-ce qu'on retrouve dans le documentaire?
SP: Mon patnais Carl XL de la F.L.Q. (Fédération de Lutte Québécoise),
dj Manspino, Les disques Montréal, Yvon, 01 Étranjj. On montre
comment ils vivent aussi. C'est assez personnel et touchant, également
parce que j'ai donné le droit au gars de filmer les premiers moments
avec mon enfant.
Pour tous ceux qui ne croyaient pas en son retour, SP ne sera définitivement
pas à négliger cette année grâce à son excellent
album et si on en juge par la qualité du show que j'ai vu au Club Soda:
SP is back SÉRIEUUUUUUX!
GOOFY WELLDONE. INFLUENCE
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