J'espère que le tournant du nouvel An s'est vécu dans la bonne humeur et que vous ne vous êtes pas encombré de résolutions que vous ne pourrez pas tenir (je parle par expérience!). Dans mon dernier blogue, je vous avais laissé sur les lancements de presse pour des nouveaux modèles organisés par les constructeurs sous des cieux très potentiellement ensoleillés et où l'hébergement et la bouffe feraient l'envie de n'importe quel voyageur. Et je posais la question avant que vous ne me la posiez: dans ces conditions, comment ne pas écrire des critiques favorables?
À une question justifiée, réponse songée: tous ces déplacements à travers le globe, ce n'est pas de la tarte!
D'abord, il y a le rythme auquel se déroule les lancements. Prenons comme exemple l'Europe, où j'ai dû me rendre sept ou huit fois en 2011. Généralement, le programme est le suivant: on s'envole le premier jour en soirée, on arrive le matin du deuxième jour, on assiste à une présentation technique, on essaie le véhicule l'après-midi, on participe à une réception en soirée et on reprend l'avion le matin du troisième jour.
Bref, les heures de sommeil sont compromises et les occasions de jouer au touriste sont minces. De toutes façons, quand le décalage horaire s'en mêle, on pense bien plus à un bain chaud qu'à un musée.
Il y a parfois des voyages qui s'allongent d'une journée. Le jour de notre arrivée en est un d'adaptation (de travail dans sa chambre d'hôtel!), alors que les discours et les essais sur route et sur piste se tiendront le lendemain. J'aime bien ces programmes qui ne nous pressent pas comme des citrons. Mais ils sont de plus en plus rares.
Les constructeurs dépensent beaucoup d'argent pour ces lancements mais, en même temps, ils soupèsent chaque euro dépensé. Par exemple, ils ont découvert depuis quelques années qu'il était profitable d'organiser ces évènements en Espagne car les hôtels et la nourriture y sont plus abordables, sans oublier qu'il y fait généralement beau.
Mais les constructeurs allemands nous amènent quand même à Francfort ou à Munich où nous sauterons dans un ou deux autres avions pour finalement atteindre l'Espagne. Alors que le voyageur normal utilise le chemin le plus court pour se rendre à destination, le journaliste automobile doit se plier aux détours imposés par la logistique du fabricant.
Essayez d'imaginer ce que ce genre de programme laisse comme traces sur votre corps, puis multipliez ça par deux ou trois voyages par mois. Je connais des collègues qui passent tellement de temps dans les avions que leurs propres chiens ne les reconnaissent plus!
De surcroît, avec l'avènement de l'Internet, le texte doit être écrit et envoyé dans les heures qui suivent l'essai routier. Ainsi l'exige la jungle de la compétitivité. Mais ce n'est pas évident de pondre un bon article quand la fatigue vous plombe les yeux...
Enfin, en supposant qu'un chroniqueur serait assez maso pour vouloir se farcir tous les voyages et qu'en conséquence il ménagerait toujours la chèvre et le chou pour ne pas vexer ses hôtes et ainsi demeurer sur la liste des invités, il s'apercevrait tôt ou tard que les constructeurs ne prendraient plus son travail au sérieux et, pire, que les lecteurs eux-mêmes ne se soucieraient plus de son avis.
Or, chers lecteurs, sans vous, voulez-vous bien me dire à quoi serviraient nos sparages littéraires si vous n'étiez pas là pour les apprécier et les critiquer (à votre tour)?!
Ce qui m'amène à vous dire qu'il s'agit ici de mon dernier blogue régulier. La société Rogers, qui a acquis Branchez-vous!, a choisi de ramener le site vers ses premiers amours, i.e. la technologie, et laissera à d'autres portails le soin d'explorer l'univers fascinant de l'automobile.
Ça ne veut pas dire que je ne signerai pas, de temps en temps, un texte pour souligner l'apport de la techno dans l'auto mais, pour ce qui est de mes trois blogues hebdomadaires, on tire la plogue.
Merci à vous tous qui m'avez suivi avec fidélité. Merci à vos questions et commentaires judicieux. Et à très bientôt (une résolution que je m'efforcerai de tenir!).
par Michel Crépault
:(
Avez-vous un compte Twitter afin que l'on puisse continuer à vous suivre?
Ben non, je n'ai pas de compte Twitter. Remarquez, vous n'êtes pas le premier qui m'en parlez alors faudrait peut-être que je songe à être un peu plus hip et cool en 2012... :)
Je serai au salon de l'auto de Detroit à compter de ce dimanche et Branchez-vous! semble intéressé à recevoir des textes.
À suivre!
J'attends cette chronique "from Detroit" avec impatience!