Dans un papier publié la semaine dernière, Dennis Desrosiers, un observateur reconnu de l'industrie automobile canadienne, incluait des statistiques plutôt intéressantes à propos de la consommation de carburant des automobilistes nord-américains. Ainsi, la consommation d'essence moyenne, aux États-Unis, était d'un peu moins de 12 litres aux cent kilomètres (l/100 km) en 2007. Au Canada, elle était de 9,82 l/100 km. Au pays, c'est au Québec que la moyenne est la moins élevée, comme on pouvait s'en douter, sachant que la belle province est aussi là où, proportionnellement, il se vend le plus de petites voitures en Amérique du Nord.
La consommation d'essence moyenne des automobilistes québécois était, en 2007, de 9,04 litres aux cent kilomètres, soit un décilitre de moins qu'à l'Ile du Prince-Édouard, où elle se situe à 9,14 l/100 km. Par comparaison, la consommation moyenne en Ontario est de 9,81 l/100 km. Les automobilistes terre-neuviens consomment le plus, en moyenne, à 11,94 l/100 km, fermant la marche du palmarès, tout juste derrière l'Alberta et la Saskatchewan.
À l'échelle canadienne, c'est la première fois que cette moyenne se situe sous les 10 litres aux cent kilomètres, constate M. Desrosiers. C'est une amélioration moyenne de 1 l/100 km en un quart de siècle, ce qui, il faut l'admettre, est très peu, compte tenu des défis qui attendent l'industrie automobile nord-américaine au cours des prochaines années (ne mentionnons que le CAFE américain, une loi forçant les constructeurs à améliorer le rendement énergétique de leurs produits de 20 % d'ici 2020...). En 1984, la consommation moyenne était de 10,95 l/100 km au pays.
Les marques de voitures neuves ayant la moyenne de consommation la moins élevée sont, dans l'ordre:
- Smart
- Mini
- Saturn
- Honda
- Volkswagen
- Toyota
- Hyundai
Naturellement, la hausse du nombre de véhicules en circulation au pays explique la hausse constante de la demande en carburant, à l'échelle nationale. Une hausse de près de 25 % en 17 ans (le parc canadien est passé de 15,1 millions de véhicules en 1990 à 20,2 véhicules en 2007). Comparé à une baisse de la consommation moyenne sous les 10 %, le calcul est simple à faire.
Le Québec et le RoC
Dennis Desrosiers est un fin observateur. Généralement, il décortique et analyse les statistiques de l'industrie canadienne de façon à faire ressortir des points de vue intéressants sur des sujets chauds. Néanmoins, l'Ontarien continue de perpétuer un stéréotype agaçant qu'il faudra certainement, un jour, décortiquer plus à fond.
Il explique la faible consommation d'essence des véhicules circulant au Québec et dans les Maritimes par «des conditions économiques généralement plus pauvres, ainsi que par un usage moins répandu de véhicules lourds.»
Pourquoi, si c'est le cas, est-ce que les véhicules les plus populaires au Québec ne sont pas, alors, les plus abordables? La Honda Civic et la Mazda 3 n'ont jamais été des véhicules particulièrement abordables à l'achat (loin des Kia et Hyundai). Les Volkswagen TDI, dont les automobilistes québécois semblent très friands, ne sont pas non plus parmi les moins chers sur le marché, à l'achat. Sans parler de la Smart ou de la Mini, qui sont certes petites, mais loin d'être ce que les anglos appellent des «econobox».
De toute façon, peu importe. À l'heure où le pétrole joue au yoyo, c'est sans doute une bonne nouvelle pour le Québec de se savoir moins dépendant que ses homologues du Rest of Canada (le fameux RoC).
Source: Desrosiers Automotive
Technorati Tags: Canada, Pétrole
par Alain McKenna
J'aime cet article sur la consommation. Quant vous vous posez des questions sur le prix des Mazda3 et autres qui ne sont pas aussi bas que les Hyundai et Kia, la plupart des gens qui achètent ce genre de véhicule de même que les Smart et Mini sont généralement plus à l'aise financièrement et pourraient se payer autre chose de plus gros, mais ils préfèrent ces modèles pour leur beauté et leur côté écolo.
Aussi, si on s'informait, on verrait peut-être que ces véhicules sont plus souvent loués qu'achetés, ce qui reflète une moindre richesse comme disait Dennis Desrosiers.
Pour ce qui est de la consommation, cela ne me surprend pas du tout étant donné le genre de parc auto que nous avons ici versus les autres provinces ou les USA.
Article avec une belle conclusion.