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Quelques questions à Éric Brunelle, de Druide Informatique (suite) |
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Bénéfice.net : Le 29 septembre dernier se tenait l'assemblée de fondation de l'AILIA (Association de l'industrie de la langue) à Ottawa. Druide Informatique est membre de cette association. Comment l'industrie langagière canadienne peut-elle s'imposer sur la scène planétaire? Quels sont les grands enjeux de cette industrie? La construction du futur institut de recherches langagières à Hull vous semble-t-elle une bonne chose? Éric Brunelle : Vastes questions. Le gouvernement fédéral est un très grand client de services langagiers; plusieurs entreprises prometteuses sont naturellement nées dans son aire d'influence, comme Terminotix à Ottawa et Multicorpora à Gatineau, sans compter les nombreux cabinets de traduction et autres. Il était inévitable que le besoin d'un centre de recherche se fasse sentir un jour dans cette communauté. Mais Montréal présente aussi une grande concentration d'entreprises langagières, et possède déjà le RALI, dont je parle plus haut. J'espère donc et je souhaite que les deux centres réussiront à travailler ensemble; je trouverais plus juste toutefois que, par respect pour l'expérience et la compétence maintes fois prouvée du RALI, on égalise le terrain en le finançant un peu mieux. L'industrie langagière canadienne tient déjà une place enviable dans le monde. Regardez la force de notre industrie de la traduction, soutenue par notre bilinguisme. Regardez la concentration de laboratoires de recherche sur le traitement de la parole à Montréal (CRIM, Locus, Nuance, Speechworks, etc.). Regardez Babelfish, Nomino, Nstein et autres. La quantité et la qualité de nos entreprises, grandes et petites, sont impressionnantes. Une association comme l'AILIA va nous aider à prendre conscience de notre force et à coordonner nos efforts. L'Europe, avec ses multiples langues, a lancé des projets structurants très sérieux récemment dans ce domaine; il faut garder le pas. Bénéfice.net : Tendance marquée sur la scène mondiale, la montée en flèche du logiciel à code source libre. Comment Druide Informatique percoit-il ce mouvement alors que la venue des Novell, IBM, HP et compagnie semble lui donner ses lettres de noblesse? Est-ce une menace pour Druide ou une chance de tâter de nouveaux marchés? Éric Brunelle : Nous avons beaucoup de respect pour le logiciel libre, au point de l'utiliser nous-mêmes. Tout l'Internet, au départ, a été créé avec l'esprit de communauté du logiciel libre, du fureteur Mosaic aux lecteurs de nouvelles sur Usenet, en passant par ce cher Eudora que nous utilisons tous les jours. En ce sens, le libre a toujours été là, il a même forgé notre environnement, et nous prenons plaisir à en tirer le meilleur parti. Antidote s'intègre à OpenOffice (sur Windows) depuis la version MP v5; Druidemestre utilise MySQL et sera déployé sous Linux, avec Apache et Tomcat. Le libre peut donc fort bien cohabiter avec le commercial - regardez aussi ce que fait Apple avec GNU, Darwin et Safari - pourvu que l'on ne développe pas de réflexes sectaires (du genre: libre = bon, commercial = mauvais). Le libre peut-il être une source de revenus pour Druide ? Bien sûr! J'ai parlé d'OpenOffice plus haut (même sur Windows, il reste libre!). Nous n'avons pas encore de version adaptée à Linux; nous attendons que la demande se précise, et nous croyons que cela viendra. Fait intéressant, les logiciels libres ne comportent généralement pas d'outils linguistiques non-triviaux (contrairement à Word); les gens qui passent au libre seront donc plus susceptibles d'acquérir un outil externe comme Antidote. Et il nous fera plaisir de les servir! Retour au début de l'entrevue >>>>> |
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