Woozworld est un monde hybride entre Facebook et Second Life destiné aux préados de 9 à 14 ans. Les jeunes s'y fabriquent des avatars, puis créent des cinémas, des restaurants, des écoles ou des discothèques où ils interagissent et marchandent des biens et des services dont l'éventail n'est limité que par leur imagination.
La société montréalaise, dont les locaux et les 25 employés sont sur Saint-Laurent, a injecté 3 millions $ d'un seul tour de table dans ses caisses pour développer son univers virtuel orienté enfants et préados. Ce sont Charles Sirois et son équipe chez Télésystème, ainsi qu'iNovia capital, l'un des fonds de capital-risque québécois les plus dynamiques du moment, qui ont ensemble misé 3 millions sur Woozworld.
Du point de vue des affaires, le plus intéressant vient du fait que Woozworld est en train de s'imposer comme un véritable cyberlaboratoire permettant d'étudier les habitudes de consommation des préados.
Éric Brassard, le fondateur et président de Woozworld, croit que cela pourrait intéresser bien des entreprises: «Disons que Nike veut savoir quel modèle de chaussures de sport va se vendre le plus. Il a accès à un microcosme de centaines de milliers d'usagers qui ont le choix d'acheter, ou pas, ce qui leur plaît.» Apple, Sony et Universal sont d'ailleurs en discussions avec l'entreprise montréalaise...
Éric Brassard explique aussi que Woozworld n'est pas arrivé comme ça par hasard. «À un moment donné, on s'est dit qu'il faudrait qu'on ait notre propre marque. J'ai dû lire plus de 10 000 pages d'analyse et c'est comme ça que j'ai découvert le créneau des 9 à 14 ans, qui était très mal servi.»
Woozworld compte plus d'un million de membres et deux millions de lieux virtuels créés par ses résidents depuis son lancement en décembre 2009.
M. Brassard confirme que la société entend développer ses offres aux clients, et accélérer sa croissance sur le marché. En moyenne, les préados se connectent par sessions de 45 minutes, et 70% du trafic journalier est constitué d'utilisateurs réguliers.
Second Life, Habbo, Disney's Club Penguin ou la startup Fantage sont un vrai carton. D'autres ont échoué comme Metaplace, There.com, Forterra et Vivaty. Prudence est de mise mais c'est pour cela qu'Eric Brassard est à l'écoute de son public. «Quand on veut plaire à des enfants, on se tait et on les écoute parler de ce qu'ils aiment.»
par Nicolas Laffont