Sur Meslivres.info, quelque 600 membres vendent actuellement pour près de 15 400$ de livres scolaires. Les étudiants y échangent des livres dont ils n'ont plus besoin. «Sans que l'acheteur ne doive payer de taxes ou le vendeur de commission», avance fièrement Sylvain Castel.
Cet entrepreneur de 27 ans pense apporter sa petite pierre à la résolution du problème d'endettement des étudiants. Son site, qui est en ligne depuis février 2010, permet non seulement d'épargner de l'argent mais aussi de gagner du temps.
Sylvain se rappelle que ses parents payaient le plein prix lorsqu'il était au secondaire. «Tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'autres solutions», dit-il. Si les coopératives existaient à l'université, il n'avait pas le temps de s'y rendre ou même de profiter des babillards pour revendre ou acheter ses livres. «Puis, les coops prennent 15 à 20% de commission», note-t-il.
Depuis le 1er septembre - la première rentrée scolaire depuis le lancement -, Meslivres.info a attiré plus de 3000 visiteurs qui ont consulté près de 20 000 pages. Le site a même séduit des internautes en Europe. «Je reçois des courriels de Français qui veulent savoir s'il existe une telle plateforme chez eux», explique Sylvain.
Avant le 4 octobre, les membres devaient payer 1$ de frais par annonce publiée, aujourd'hui, le service est entièrement gratuit. «Je me suis dit que le fait qu'il soit gratuit ferait plus de publicité que si je devais moi-même financer une campagne pour le site», confie-t-il. Mais Sylvain a une totale confiance dans son modèle d'affaires. «Les revenus vont découler de la valeur de son système». En d'autres mots, le nombre de visiteurs amènera les annonceurs.
Le jeune entrepreneur est actuellement à la recherche de commanditaires. Il a par ailleurs signé un partenariat avec l'agence de tutorat Succès scolaire. Consultant programmeur de profession, il a commencé à travailler sur son projet personnel à ses heures perdues au cours de l'été 2009. Aujourd'hui, il y passe du temps tous les jours, afin d'offrir une expérience de qualité aux étudiants québécois. Secrètement, il espère aussi jouer un rôle dans la lutte contre le décrochage scolaire.
par Marie-Noëlle Reyntjens