«Quand on se lance dans un blogue d'affaires, il faut absolument rester sincère», explique Sandy Sidhu, chef de produit chez Vircom. On évite donc d'écoeurer ses clients - potentiels - avec des articles autopromotionnels ou encore de les ennuyer avec de simples communiqués de presse. «Que peut-on leur apprendre?», lance la jeune femme.
Rencontrée deux jours avant son atelier sur le sujet qu'elle a présenté hier à PodCamp Montréal 2010, l'ancienne développeuse raconte comment elle est arrivée il y a un peu plus d'un an avec l'idée de démarrer un blogue sur la sécurisation des courriels en entreprise, la spécialité de Vircom. Pour cette petite compagnie québécoise de 25 employés, il s'agissait d'exploiter ce que les médias sociaux ont à offrir en marketing.
Toutefois, le mot «marketing» est à prendre avec des pincettes. Ce qui importe ici, souligne Sandy Sidhu, c'est la qualité du contenu. Écrire un blogue, ça se prépare. Surtout quand on décide de ne pas faire appel à des blogueurs professionnels. Ainsi, une petite équipe formée à l'interne a commencé à rédiger des articles trois mois avant le lancement officiel d'EmailSecurityMatters.com en octobre 2009. Un site indépendant de Vircom, qui selon elle permet de diffuser plus largement le contenu du blogue.
Aujourd'hui, les lecteurs peuvent lire huit nouveaux posts par mois couvrant plusieurs catégories. Chaque mois, un calendrier rédactionnel rapporte qui écrit quoi. Désormais, bloguer fait donc officiellement partie des tâches des employés de l'entreprise, même si au final il n'y a que cinq rédacteurs réguliers. «Ce n'est pas vraiment considéré comme du volontariat puisque cela fait partie des objectifs de l'entreprise», remarque la chef de produit.
Et le retour sur investissement (ROI)? Parce que Vircom est malgré tout une entreprise qui cherche à vendre ses produits, la question s'impose. Tenir un blogue d'affaires est un processus à long terme, estime Sandy Sidhu. Après un an, il est encore trop tôt pour évaluer l'impact sur le trafic de Vircom.com. Mais d'autres facteurs non chiffrés n'en sont pas moins éloquents. Le blogue a permis à la compagnie d'établir de véritables contacts avec d'autres sites spécialisés. Récemment, un blogueur indépendant a accepté de publier des tests de produits. Encore mieux, la semaine passée la newsletter d'un concurrent pointait vers EmailSecurityMatters.com. «Les gens partagent de l'information ouvertement. C'est la beauté des médias sociaux», note-t-elle.
Quant aux ventes, on ne sait jamais ce que ça peut donner. Il y a quelque temps Sandy Sidhu est tombée par hasard sur une vendeuse de sauce piquante Pepperfire dans le Mile-End, à Montréal. En voyant le nom du produit qu'elle proposait, elle s'est rendu compte qu'elle la connaissait virtuellement. Les deux femmes avaient déjà échangé plusieurs gazouillis. Ce jour-là , Sandy Sidhu a acheté deux pots de sauce. À chacun sa recette de marketing 2.0.
par Marie-Noëlle Reyntjens