Le 30 mars dernier, le gouvernement Charest présentait un budget d'austérité. Pour renflouer les caisses de l'État, le ministre des Finances a annoncé des augmentations d'impôts et un plan de réduction des dépenses gouvernementales. À ce chapitre, pas un mot des dépenses en informatiques.
Elles ne sont pourtant pas un modèle de bonne gestion à en juger par un inventaire complet des serveurs web gouvernementaux réalisé par Pierre-Armand Lalonde, consultant en informatique chez Nurun.
En furetant sur les sites des ministères et organismes publics un à un, il a réalisé qu'il n'y avait pas l'ombre d'une uniformité de l'un à l'autre, mais que, au contraire, on multipliait les solutions informatiques. «Chaque ministère ou organisme a le contrôle de son propre site en fonction de son propre budget. C'est une façon de faire qui multiplie les technologies et les ressources, donc les coûts», explique-t-il.
En effet, globalement, son inventaire démontre que 52% des serveurs web sont étiquetés Microsoft, 42% Apache et 6% autre. Sous la première étiquette, on retrouve par exemple des serveurs Microsoft-IIS/7.0 et 6.0, mais aussi 5.0, tandis que sous la seconde étiquette on retrouve entre autres des serveurs Unix, Debian, Linux, Red Hat, et Ubuntu.
Pour Pierre-Armand Lalonde, Québec pourrait réaliser des économies substantielles en consolidant tous les services web sous une seule plateforme, comme l'a fait le Royaume-Uni qui inspire d'ailleurs l'administration Obama. Dans le but de réduire son déficit, le gouvernement britannique a en effet dévoilé en novembre un plan d'économies des dépenses informatiques.
Ainsi, d'ici dix ans, le Royaume-Uni se dotera d'un réseau unifié, consolidera ses datacenters, mettra en place d'un cloud gouvernemental et un magasin applicatif pour partager et réutiliser des applications, services ou composants, et standardisera les postes de travail. Grâce à ce plan, les Britanniques comptent économiser grosso modo 5 des 23 milliards de dollars qu'il dépense chaque année en TI.
Voir aussi:
Savoir-Faire Linux affronte Québec
par Anne-Caroline Desplanques
La question en titre est bonne, mais est-ce que la monoculture est vraiment viable? La première étape serait de défaire les "silos" informatiques entre chaque ministère, c'est ça le plus gros problème, c'est un problème de gestion de ressources financière et humaines en premier. Si les "bonnes pratiques" étaient disponibles entre les différents projets, on pourrait déjà récupérer pas mal d'argent, au lien de ré-inventer la roue à chaque fois. Certainement que certaines solutions coûtent moins chères que d'autres aussi (Oracle vs. MySQL quelqu'un?) mais le vrai défi est dans la collaboration et la transparence, atrributs pas très communs dans ces milieux, malheureusement (pas que ça soit impossible, mais c'est très difficile).
Vivement une rationalisation des dépenses en informatique au gouvernement. Il s'y gaspille une quantité phénoménale d'argent. Est-ce que le fait de tout mettre sous une seule enseigne règle le problème ? Je n'en suis pas certain. Comme le souligne Sylvain Carle, il existe une culture qu'il faudra changer. Il y a quelques années de cela, un vent avait souffler pour uniformiser la base de données des citoyens. Mais cela allait à l'encontre des droits et liberté et les ministères qui participaient au projet ont reculé. Puis, tous doivent garder en mémoire l'échec de GIRES. Enfin, une solution tout Microsoft ne serait pas économique et entraînerait un risque majeur : le gouvernement deviendrait tributaire d'un seul fournisseur, fournisseur de solutions fermées de surcroît.
Il faut également noter que cette compilation de M. Pierre-Armand Lalonde a pu être réalisé parce que la majorité des serveurs ne cachaient pas leur signature (seulement 11 des 221 serveurs répertoriés le faisaient). C'est un manque à l'un des principes de base en sécurité de serveurs web.
Il est nécesssaire de consolider et maximiser les infrastructures. L'élimination de doublons et éléments inutiles est aussi requise. Par contre, l'uniformisation nécessite beaucoup de discernement. Et la centralisation recèle de nombreux dangers. J'opterais pour une architecture à la Google, hautement distribuée, uniformisée, mais versatile. Pour y parvenir, il faut une maîtrise des technologies impliqués et du personnel hautement qualifié. Un beau défi, mais avec de la volonté, nous pourrions y parvenir.
Je ne suis pas certain que n'utilisez qu'une seule infrastructure soit la solution à envisager, surtout si elle tend à aller vers Microsoft et IIS !
Peut être que le gouvernement devrait plutôt se lancer dans les problèmes d'interopérabilité. Respecter les standards (pas ceux de M$ uniquement) serait déjà un premier pas.
Une chose que le gouvernement du Québec à compris, c'est bien l'utilisation d'un CMS opensource et flexible comme TYPO3 ! A en voir les résultats, ce CMS est bien plus que populaire, c'est devenu la norme ;)