Marianne Baron et Reza Mehmannavaz avaient un rêve: conjuguer environnement, agriculture et informatique. Elle avait un baccalauréat en informatique et un MBA, lui un doctorat en biosystème et en agriculture, ensemble ils ont mis la main sur six acres de terrain à 20 minutes de Montréal et fondé la première épicerie biologique complète en ligne au Québec:
Les jardins urbains.
Alors que seulement 12% des PME québécoises disposent d'un site web transactionnel, selon le CEFRIO et Phéromone, cette entreprise familiale est entièrement pensée autour d'Internet. Si bien que c'est seulement maintenant, après huit ans d'existence, que Les jardins urbains envisagent l'ouverture d'une boutique à la demande du public.
«Nous en sommes aujourd'hui à la deuxième phase dans le processus de vie de notre entreprise, c'est-à -dire celle de l'expansion. Nous prévoyons donc d'ouvrir un magasin, ce qui implique des embauches, et de retravailler le site web pour améliorer l'expérience d'achat de nos clients et leur offrir plus de choix», explique Reza Mehmannavaz.
Il souligne la nécessité d'innover constamment pour conserver l'intérêt des clients et en attirer de nouveaux. Une quête d'innovation qui implique un investissement constant sur le site. Pour voir le jour, lesjardinsurbains.ca a nécessité un investissement de base de 50 000 dollars. Géré par l'entreprise québécoise Sednove, il a ensuite réclamé un investissement annuel de 5 à 10 000 dollars, toujours dans le but d'améliorer l'expérience du client.
Mais l'investissement en vaut la chandelle, car sans Internet, l'entreprise ne serait tout bonnement pas viable. En effet, les trois personnes qu'elle occupe à temps plein ne suffiraient pas à la tâche. De plus, il lui serait plus difficile d'offrir des prix compétitifs donc d'attirer une clientèle assez conséquente pour assurer la survie du projet.
«Survie», oui, c'est bien le terme, car le mot «rentabilité» fait sourire Reza Mehmannavaz. Il explique qu'il a fallu cinq à six ans avant de constituer une clientèle viable. «C'est très difficile de commercer à distance en alimentation au Québec, car les gens veulent toucher et sentir les produits avant de les acheter. Notre clientèle est d'ailleurs constituée de beaucoup d'étrangers, des Français notamment.»
Une clientèle qui semble être traitée aux petits oignons puisque c'est elle-même qui assure la publicité de l'entreprise. «Nous n'avons jamais investi un sou en marketing, ce sont nos clients qui font le travail. Les médias nous aident également beaucoup en parlant régulièrement de nous», explique le techno-agriculteur.
Considérant la croissance du commerce en ligne, Les jardins urbains ont de quoi faire de vieux os. En effet, le taux de pénétration du cybercommerce a crû de 33% en 2009 au Québec pour atteindre 3,4 milliards de dollars de dépenses, selon l'Indice du commerce électronique.
par Anne-Caroline Desplanques