Avec le succès retentissant de jeux vidéo à saveur musicale comme Rock Band et Guitar Hero, l'industrie de la musique du Québec se demande si elle peut percer cet univers et s'en prendre une part de gâteau.
Réunis à l'invitation de l'ADISQ la semaine dernière au Marché Bonsecours, producteur de jeux et représentants d'artistes ont débattu de la question.
Pour Janie Duquette, présidente de Déjà Musique et gérante du chanteur Jonas, «périlleuse», «compliquée» et «difficile» décrivent son expérience dans le monde du jeu vidéo alors qu'en 2004, en plein lock-out du hockey, son jeune protégé voyait une de ses compositions intégrées au jeu NHL 2005.
Elle convient toutefois qu'avoir «une chanson dans un jeu vidéo est un marché en soi» qui peut s'avérer rentable pour les artistes.
Assez rentable en fait, si on en croit Julie Blake, de la maison d'édition musicale de Montréal, Face Trois Musique. Un de ses artistes représentés, Amon Tobin, a vu sa musique servir de trame sonore au populaire jeu Splinter Cell : Chaos Theory.
«Les bénéfices monétaires sont décents, même plus qu'en télévision», dit celle qui parcourt les rencontres du jeu vidéo dont la plus importante, l'E3, à la recherche de nouveaux contacts.
Pourtant, certains piliers de la musique ne sont pas d'accord avec Mme Blake.
En août dernier, Edgar Bronfman, chef de la direction de Warner Music, s'insurgeait devant les redevances pas assez élevées à son goût. Faisant référence à des succès comme Guitar Hero et Rock Band, il déclarait à l'agence Reuters: «Même si leurs jeux sont entièrement dépendants du contenu que nous possédons et contrôlons, le montant payé à l'industrie musicale est beaucoup trop petit».
Rémunérés suffisamment ou pas, il reste que lorsqu'un artiste ou un groupe est choisi pour un jeu comme Guitar Hero, les ventes de musique en ligne décollent par la suite de 300%, a dit l'éditeur Activision Blizzard.
Ces succès sont plutôt réservés à des groupes américains comme Aerosmith ou Metallica. Un groupe québécois chantant en français peut-il aspirer à la notoriété grâce au jeu vidéo?
«Aucune règle dit qu'on ne doit pas produire de chansons en français», a rappelé Didier Lord, directeur du volet musical chez Ubisoft.
Il a même avoué devant les gens de l'ADISQ qu'il réfléchissait à un nouveau modèle d'affaires, où les milieux de la musique et du jeu vidéo coproduiraient du divertissement pour consoles.
Alors la question mérite d'être posée: à quand une chanson d'Éric Lapointe sur un jeu vidéo?
par Carine Salvi
À moins que ce soit un jeu où l'on doive se suicider, j'imagine mal du Éric Lapointe dans un jeu vidéo... Par contre, beaucoup de groupes Québécois font du matériel anglophone qui passerait très bien, et pour le francophone, eh bien l'industrie du jeu vidéo compte énormément d'amateurs francophones. De plus, une chanson en français est même disponible dans Guitar Hero World Tour, soit Antisocial du groupe français Trush. On peut aussi penser à des artistes d'ici ayant connu un succès international tels Simple Plan ou DJ Champion, qui produisent du matériel très acceptable pour des jeux vidéos.
Maintenant, il ne reste à mon pote Guy chez Beenox qu'à inclure un peu de Pain Relief (Lévis, QC) dans un prochain Guitar Hero et le tour est joué! ;)
En réponse à la question initiale: j'espère sincèrement que cela n'arrivera jamais.
Pourquoi pas aussi du métal québécois franco? Je me vois dummer sur du BARF, Groovy Aardvark, Grim Skunk, Anonymus, pis peut-être du Mange L'Ours Mange...