Ces dernières années, on a largement critiqué le Premier ministre canadien Stephen Harper pour avoir trop souvent tenté de jouer le jeu des Américains, dans des secteurs comme l'environnement, l'énergie et le commerce, allant jusqu'à le qualifier de valet du président sortant George W. Bush. Sauf qu'avec le changement de présidence chez l'oncle Sam, le ton change. Un groupe de lobby canadien représentant le secteur des technos pense en effet qu'il serait désormais de bon ton d'imiter Barack Obama pour stimuler les TIC au pays.
Le président désigné, qui deviendra président tout court le 20 janvier, soit mardi prochain, a déjà établi son plan de relance économique pour sortir les États-Unis d'un marasme économique qui n'arrête pas de s'aggraver. Une solution envisagée à long terme, afin d'endiguer la fuite d'emplois vers les pays étrangers dans le cadre d'une délocalisation massive du secteur manufacturier et de certains secteurs des services est de miser sur des emplois à haute valeur technologique.
Dans son plan, Obama considère que le déploiement d'un accès à Internet à large bande déployé à l'échelle du pays n'est que la moindre des choses. Il propose par ailleurs d'optimiser le système d'alimentation électrique du pays en le faisant passer en ligne et suggère d'informatiser systématiquement toutes les écoles américaines.
Le président américain jongle avec un budget estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars américains pour arriver à cette fin. Au Canada, la Canadian Advanced Technology Alliance, ou CATA, propose sensiblement la même chose, mais estime qu'un budget de 60 milliards de dollars serait plus approprié, dans ce cas. Dans un communiqué intitulé «Une économique qui roule», la CATA invite le gouvernement canadien à profiter du plan de relance américain pour créer des emplois dans le secteur technologique d'ici, lequel pourrait du coup exporter de nouveaux services aux États-Unis, où les entreprises doivent sabrer dans les coûts pour retourner à une certaine profitabilité.
Et pour plusieurs (dont Obama, apparemment), un retour à une économie prospère passe par une mise à niveau technologique tout azimut. Les entreprises canadiennes spécialisées en impartition, par exemple, seraient bien placées pour tirer leur épingle du jeu. Ce plan de relance «est une immense occasion d'exportation» pour les entreprises canadiennes, estime en effet le président de la CATA, John Reid, basé à Ottawa.
Le plan de 60 milliards du groupe canadien propose d'investir massivement dans une infrastructure intelligente et dans les technologies vertes. Le secteur des ressources canadien, par exemple, pourrait grandement bénéficier d'un investissement dans les nouvelles technologies.
M. Reid ajoute que le projet d'Obama de brancher les archives médicales à Internet devrait également inspirer le secteur canadien de la santé. Voilà qui devrait trouver écho au gouvernement du Québec et au secteur de la santé de la province, où on (re)commence à s'intéresser aux technos pour améliorer les services. L'ambition du nouveau président américain de brancher les petites communautés les plus éloignées à Internet devrait également être reprise par le Canada, ajoute la CATA, qui reprend une citation de Barack Obama: «Il faut élargir l'accès Internet à large bande à toute l'Amérique, afin que les plus petites entreprises établies dans des communautés rurales puissent rivaliser avec leurs concurrentes de partout dans le monde.»
Source: Computerworld Canada
par Alain McKenna