On savait le Québec en retard sur le reste de l'Amérique du Nord au niveau du commerce électronique, mais voilà que la portion des commerçants québécois qui, eux, ont pignon sur Web, est plus optimiste que ceux qui n'y sont pas. À la veille du «Cyberlundi» (dans trois jours, pour être exact), voilà qu'un sondage révèle qu'une majorité écrasante pense que la période des Fêtes actuelle sera plus occupée, sur Internet, que par le passé. Malgré tout.
Le cyberlundi est une journée qui, apparemment, serait la plus achalandée pour les commerçants nord-américains qui vendent leurs produits ou services à partir du réseau internet. Ça fait contraste avec le «Black Friday» qui, lui, se veut un peu l'opposé de cette tendance, sur et hors Web. En tout cas.
Chose certaine, un sondage Léger Fusepoint publié ce matin et réalisé auprès de cadres supérieurs canadiens et québécois révèle un optimisme qui jure avec le portrait généralement dépeint dans les médias, à l'heure actuelle: loin de prévoir une baisse de l'achalandage de leurs sites Web, un dirigeant d'entreprise québécois sur quatre pense que la période des Fêtes sera ce coup-ci plus occupée que les précédentes, malgré le contexte économique actuel. Québectech peut vous le dire: les sondages sont beaucoup moins optimistes au sud de la frontière, où on parle déjà du premier ralentissement à vie pour le commerce électronique, au cours des prochaines semaines.
37 % des répondants québécois vont un peu plus loin: selon eux, le volume de ventes qu'ils effectuent sur Internet pourrait devenir, dans un avenir proche, plus important que celui effectué hors ligne. À peu près le même pourcentage (40 %) croit par ailleurs que la fréquentation de leur site Web a un impact direct sur les résultats financiers de leur entreprise, qu'il s'agisse de ventes en ligne ou en succursale.
De passage au Salon du livre de Montréal, le weekend dernier, pour discuter le bout de gras avec les intéressés (car votre humble obligé, en plus d'être heureux blogueur pour Québectech, est également auteur du Guide branché 2009, qu'on vous laisse tout le soin de découvrir tant sur Internet qu'en librairie), il a été possible de découvrir qu'en effet, Internet est une vitrine alléchante pour les commerçants québécois qui cherchent à élargir leur clientèle au-delà du quartier où ils marchandent.
Car l'auteur de ces quelques lignes s'est (tout modestement) payé le luxe d'une plume lui permettant d'autographier ses bouquins vendus sur place. Où ça? Sur Stylo.ca, un détaillant de Québec qui s'est candidement prêté au jeu de l'entrevue en règle sur la question. Guy Filion, dirigeant de l'entreprise, admet que son portail Web est très achalandé, tant par des Américains que des Européens (et des Québécois, cela va sans dire), à tel point que ses ventes pourraient bientôt équivaloir à celles d'une succursale additionnelle.
Il faut dire que M. Filion a été parmi les premiers commerçants québécois à installer un site transactionnel sur la Toile, puisque son portail date des années 90. Mais quand même. Un marché spécialisé dans les stylos qui fleurit sur Internet? Il semble bien que oui. Le cas de Stylo.ca illustre bien l'optimisme révélé dans le sondage Léger-Fusepoint cité ci-haut. Il illustre également les occasions d'affaires manquées par l'imposante majorité de commerçants québécois et canadiens qui se refusent d'investir dans un site Web transactionnel, qu'il s'agisse de vendre des bouquins ou des stylos.
Rien pour contrer une baisse de l'achalandage que d'élargir son bassin de clientèle. C'est peut-être pourquoi plusieurs répondants pensent qu'à terme, le Web sera une plateforme commerciale plus importante que leurs boutiques dans les centres commerciaux.
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par Alain McKenna