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jeudi 26 mai 2011 à 5H00

Pendant ce temps, sur Sun News...


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Honnêtement, je ne sais plus quoi penser du lancement de Sun News.

Pour le moins qu'on puisse dire, le succès n'est pas fulgurant.

Hier, TVA a révélé un important recul de son bénéfice principalement dû au lancement de la nouvelle chaîne anglophone d'information continue. TVA a encaissé un bénéfice de 300 000$ au premier trimestre de l'année 2011, contre 700 000$ pour la même période l'an dernier.

Ces pertes pour le Groupe TVA sont attribuables aux investissements nécessaires pour lancer une nouvelle chaîne, a expliqué hier Pierre Dion, président de l'entreprise.

Jusqu'ici tout va bien.

Là où je ne comprends plus, c'est dans la guerre de chiffres sur les cotes d'écoute. Elles sont bonnes ou pas?

Le «Fox News North» attire 1,8 millions de téléspectateurs... par semaine!

Pendant la même période, 6,9 millions de personnes regardent CBC News.

Le constat est encore plus navrant quand on regarde les cotes d'écoute par émission.

Lors de sa première demie-heure en ondes, le 18 avril dernier, Sun News a attiré 37 000 curieux.

Ce chiffre est tombé à 11 000 pour l'émission du commentateur Theo Caldwell, le vendredi à 19:00.

À la même heure, CBC News attirait 263 000 téléspectateurs, tandis que 38 000 personnes préféraient CNN.

D'autres émissions-vedettes en soirée ne sont regardées que par 4 000 ou 5 000 personnes.

Sun News s'accapare à peine 0,3% des parts de marché. À titre de comparaison, la chaîne communautaire Canal Vox, également une propriété de Quebecor, rejoint 0,1% des parts de marché.

Peu importe comment on les analyses, ces chiffres sont décevants.

Lors de sa première semaine en ondes en octobre 1997, 3,32 millions de téléspectateurs ont regardé CTV News 1, rappelle un article récent du Toronto Star. Et ce score était considéré comme un échec.

Mais l'environnement télévisuel a changé. À l'époque, CTV News 1 avait peu de compétition. À l'opposé, Sun News est le dernier-né d'une série de chaînes spécialisées, en information ou autre.

Comme le souligne Dennis Mathews, directeur du marketing chez Sun News dans un article du Toronto Sun (complaisant à souhait), les téléspectateurs sont attachés à leur chaîne favorite et leur faire adopter de nouvelles habitudes sera ardu.

Il faut ajouter à cela le fait que Sun News est une chaîne spécialisée de catégorie 2, les télédistributeurs ne sont donc pas obligés de l'offrir. De plus, Quebecor n'a pu s'entendre avec Bell pour distribuer sa nouvelle chaîne.

Finalement, le nombre n'est peut-être pas ce qui intéresse tellement Sun News.

Comme le dit Jean-François Bruneau, directeur, recherche média, de Touché! PHD sur le site du magazine Infopresse, la chaîne attire une clientèle particulièrement masculine et jeune: un créneau difficile à rejoindre dans tous les médias et donc prisé des annonceurs.

C'est d'ailleurs ce que me confiait Philippe Guay, vice-président des ventes nationales, Toronto, de Quebecor Media, avant l'entrée en ondes de la chaîne. Sun News sert d'abord à garder les consommateurs au sein de la grande famille Sun, en récupérant les lecteurs des journaux du groupe qui se désabonnent graduellement, comme c'est le cas partout.

Et puis, avec une équipe d'environ 100 personnes, Sun News n'a pas besoin de revenus importants pour se maintenir à flot.

Si les distributeurs décident d'offrir Sun News parmi un bouquet de chaînes spécialisées en information, les redevance des câblôdistributeurs pourraient s'avérer suffisantes pour maintenir la chaîne en ondes.


par Patrick Bellerose




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