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mardi 26 avril 2011 à 5H00

La révolution Netflix


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Patrick Bellerose est en Tunisie pour cinq semaines, mais le blogue MédiaBiz ne s'arrête pas pour autant puisque Charles Lecavalier prend le relais!

Netflix, une entreprise qui propose des films en flux continu sur Internet, vient prendre le rang numéro un des distributeurs de vidéos américains devant Comcast avec 23.6 millions d'inscrits.

De bonnes nouvelles pour Netfilx, qui vient d'augmenter ses profits de 88 % pour le premier trimestre de 2011. L'entreprise, qui offre aussi un service de location de DVD par la poste, a vu 3,6 millions de clients additionnels s'abonner à ses services.

Même si Netflix a dépassé le géant des télécommunications Comcast en termes d'abonnés, on ne peut pas parler de domination du marché. Alors que Netflix exige des frais mensuels de 8 $ (pour le forfait de base), les abonnés de Comcast paient le prix traditionnel des câblos, soit de 50 à 70 $ américains pour le service du câble.
Cela se traduit par des profits de 15 milliards pour Comcast en 2010, contre 320 millions pour Netflix.

L'argent est le nerf de la guerre, mais ce n'est pas le seul défi qui attend Netflix dans un futur rapproché. En plus des concurrents qui ont un modèle d'affaires similaire, comme Hulu, et des sites qui veulent diversifier leur offre, comme Amazon et YouTube, la firme doit se méfier de la jalousie des conglomérats.

Comcast a justement récemment acheté NBC, partiellement propriétaire de Hulu, un concurrent direct de Netflix. Cela fait craindre à certains, dont le sénateur Al Franken, que l'entreprise se serve de toute sa puissance pour écraser son concurrent.

Comcast a le pouvoir théorique de ralentir la connexion de ses abonnés utilisant Netflix. Elle pourrait aussi demander à Netflix un tarif exorbitant pour que le contenu audiovisuel de NBC soit diffusé sur sa plateforme. Ou refuser, comme elle le fait déjà pour Google TV.

Certains se demanderont toutefois si l'entreprise aurait tort de le faire puisque Netflix, en 2010, occupait déjà près de 20 % de la bande passante en heure de pointe aux États-Unis.

Au Canada, Netflix a dû s'ajuster à la limite de bande passante restreinte des fournisseurs d'accès à Internet. En effet, un usager de Netflix qui regarde ses émissions en mode Internet rapide pouvait gober jusqu'à 70 GB en 30 heures de visionnements. Ceux-ci pourront toujours remettre cette option, mais le nouveau réglage, en mode normal, ne consommera «que» 9 GB pour 30 heures de visionnement.

La télé sur Internet est promise à un bel avenir, et les consommateurs sont prêts à embrasser cette technologie. Il faudra toutefois que les fournisseurs d'accès à Internet ouvrent le gousset et investissent pour améliorer la capacité des réseaux.

Ce serait toutefois étonnant dans un avenir rapproché puisque de ce fait, ils encourageraient un modèle d'affaires pour lequel ils ne tirent que peu de profit.


par Charles Lecavalier




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