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jeudi 11 novembre 2010 à 5H00

Une liste «do not call» pour le Web?


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Des groupes américains de défense de la vie privée font la promotion d'une liste pour interdire aux compagnies de récolter les données de navigation des internautes.

Cette liste «do not track» s'apparenterait à la Liste nationale des numéros de télécommunication exclus (communément appelée «Do not call list») mise en place par le CRTC au Canada pour stopper les appels non sollicités des télémarketeurs.

Comme je le soulignais déjà ici et ici, les internautes s'inquiètent de plus en plus de l'utilisation de leurs données personnelles pour des fins commerciales.

Aux États-Unis, deux organismes, la Federal Trade Commission et le Commerce Department, étudient la question, rapporte le New York Times.

Selon les sources du quotidien, le Commerce Department favoriserait l'autorégulation des entreprises.

La Federal Trade Commission, poursuit le NY Times, pencherait plutôt du côté d'une option «do not track» intégrée au site Web ou sur le navigateur Web.

L'option retenue aura un impact significatif à la fois sur le commerce en ligne et sur la publicité. En effet, plus d'informations signifient généralement plus de retombées dans les poches des entreprises.

Mais comme le souligne une militante pour les droits des consommateurs dans le texte du NY Times, ce qui est bon pour les consommateurs est ultimement bon pour les entreprises. L'option «do not call» pourrait rassurer les internautes et les amener à faire confiance au commerce en ligne.

De la même façon, l'Europe réfléchit présentement à une mise à jour de sa législation sur la protection des données qui date de... 1995.

Les législateurs citent bien sûr les réseaux sociaux comme risque de fuite des informations personnelles, mais aussi le cloud computing. En stockant nos données hors de nos ordinateurs personnels, le risque est décuplé d'en perdre le contrôle.

Alors, peut-on faire confiance aux entreprises pour s'autoréguler au sujet de données aussi attrayantes?

Si c'est l'option d'une liste «do not track» qui est retenue, encore faudra-t-il que les gouvernements lui donnent des dents.

Dans le cas de la Liste nationale des numéros de télécommunication exclus du Canada, par exemple, on apprenait en juillet dernier que le gouvernement fédéral a imposé 73 000$ en amendes en moins de deux ans.

Sur cette somme, toutefois, il n'avait reçu que 250$.


par Patrick Bellerose




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