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jeudi 28 octobre 2010 à 5H00

Le Web 3.0 sauvera-t-il les quotidiens?


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«Si je devais lancer une entreprise de presse en ligne demain, j'en ferais une qui ne crée absolument pas d'informations nouvelles, mais qui fait l'agrégation des nouvelles d'une façon pertinente pour l'utilisateur», affirme Clay Shirky, auteur sur les nouveaux médias et professeur à NYU, dans un documentaire sur le Web 3.0.

En effet, l'information sur le Web explose. Par croissance naturelle, en partie, mais aussi beaucoup en raison du Web 2.0. Chacun de nous crée désormais du contenu, que ce soit avec un blogue, un tweet, une page Facebook, une vidéo sur YouTube ou une page LinkedIn.

Comme l'affirmait un haut gradé de Google en mai dernier, le Web pourrait bien compter 53 sextillions éléments d'informations d'ici 2020. D'où l'importance de faire un peu de classement dans ce grand fourre-tout qu'est devenu l'Internet.

Le Web 1.0 se contentait d'afficher du contenu, le Web 2.0 a intégré l'interactivité, maintenant, le Web 3.0 propose de mettre en contexte l'information de façon automatisée.

Aussi appelé Web sémantique, le Web 3.0 comprend le sens des mots et établit des relations entre eux.

Alexandre Cayla-Irigoyen, doctorant au Département de communication de l'Université de Montréal, travaille justement à créer un modèle pour pourrait aider les médias d'information à organiser leurs sites à la sauce Web sémantique.

«Les médias traditionnels visent un niveau commun d'information sans pouvoir la personnaliser. À terme, le Web sémantique permettrait de regrouper et d'intégrer différentes informations sur un même sujet peu importe leur source, que ce soit les données gouvernementales, les blogues universitaires ou les articles de journaux, de les sélectionner de façon hyperspécifique si tel était le besoin et de les restituer dans un même document sans que l'usager ait à les transposer lui-même. Cela engendrerait une expérience inédite de consommation par laquelle l'usager pourrait reprendre le contrôle de l'information», explique-t-il à un journaliste de Forum, le journal de l'UdeM.

Le tout pourrait se faire grâce à un bouton «En apprendre plus», ajoute-t-il dans une entrevue accordée au Nouvel Observateur.

Si le Web sémantique n'en est qu'à ses balbutiements, notamment avec les sites gouvernementaux data.gov et data.gov.uk, respectivement aux États-Unis et en Grande-Bretagne, Alexandre Cayla-Irigoyen estime que les premières applications pourraient être disponibles pour le public d'ici cinq ans.

Le Web 3.0 a ses critiques même parmi ses admirateurs, comme le démontre le documentaire de Kate Ray.

Mais, s'il réussit, il pourrait être l'opportunité tant attendue par les médias d'information pour enfin rentabiliser leur présence en ligne.

Le Web apporterait alors une véritable valeur ajoutée aux quotidien en ligne. Il réussirait ce que les journaux papier et la télé ne pourront jamais faire: agréger du contenu de divers sources.

Pour les utilisateurs, ce serait l'occasion d'accéder à une information personnalisée à travers ce beau fouillis qu'est le Web.


par Patrick Bellerose




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