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mardi 12 octobre 2010 à 5H00

La galaxie de Steve Jobs


image:http://assets.branchez-vous.net/images/steve-jobs/ipad.jpg

L'édition sur l'iPad ressemble beaucoup plus à l'imprimé qu'au Web.

Ce n'est pas moi qui le dis, mais les participants du World Editors Forum, tenu la semaine dernière à Hambourg, en Allemagne.

Quelque 600 dirigeants de grands quotidiens ont profité de l'événement pour se poser la question qui est sur toutes les lèvres depuis le dévoilement de l'iPad en janvier dernier : comment l'iPad transformera-t-il le monde de la presse?

Traditionnellement, sur le Web, les nouvelles vont vite et se développent en continu. Le format le plus prisé est celui de la dépêche et on favorise l'information brute.

Mais le iPad, a affirmé Juan Senor, partenaire chez Innovation partners, devant les rédacteurs en chef et éditeurs, permet un retour à la narration traditionnelle.

«iPad and tablet devices give us a chance to recapture the concept of telling a story with a beginning and an end, something that is lost in the Internet where stories run infinitely», a-t-il dit.

La où le Web informe, les tablettes peuvent divertir et «engager» le lecteur.

Mais les quotidiens doivent développer un contenu spécifique pour ce médium, qui inclut des graphiques, des vidéos, des diaporamas, etc.

Une sorte de magazine sur les stéroïdes.

Tout comme nous avons connu la Galaxie de Guntenberg avec l'imprimerie, puis une Galaxie de Marconi avec la télé et la radio, aurons-nous droit à une Galaxie de Steve Jobs, avec les tablettes électroniques?

Un éditeur du Hamburger Abendblatt est même allé jusqu'à affirmer qu'à l'avenir les rédactions ne seront plus dirigées par les rédacteurs en chef mais par... les directeurs artistiques.

«With tablet computers, readers want to have a visual experience, hence the rising importance of the art director. Readers will have a completely different experience with the tablet - they'll want to interact, touch and shake their screens», a dit Felix Bellinger.

Son de cloche similaire du côté de Diego Cenzano, directeur de Biko, en Espagne, un concepteur de portails Web. Celui-ci affirme que les rédactions devront faire plus de place à trois nouveaux postes : un technicien de fils de nouvelles, un éditeur pour les iPad et autres tablettes, de même qu'un développeur pour les graphiques et la présentation électronique.

Le président, médias, de l'agence de presse Thomson Reuters a pour sa part affirmé que les utilisateurs sont de 5 à 10 fois plus «engagés» sur une application (apps.) que sur le Web.

Il a toutefois ajouté que les éditeurs doivent encore faire grandir leur auditoire sur ce média.

Mais les éditeurs feraient bien de se méfier d'un modèle d'affaires qu'ils ne contrôlent pas : certains reprochent à Apple de conserver toutes les données sur la relation client, en plus de retenir 30% sur les abonnements numériques et 40% sur les recettes publicitaires.

«Apple a beau jouir d'une réputation d'entreprise cool et branchée, elle compte désormais la troisième capitalisation boursière en importance aux États-Unis (derrière Exxon Mobil et Microsoft) et veut engranger les profits, pas sauver le journalisme», écrivait récemment Jonathan Trudel, rédacteur en chef du magazine Le Trente, de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

Il poursuit: «Tout comme l'ont fait les grandes maisons de disques, les groupes de presse devront se plier aux moindres caprices de la multinationale s'ils veulent être distribués sur son magasin en ligne, i'Tunes Store. Ils risquent au passage de perdre leurs relations directes avec leurs lecteurs et de se priver d'informations cruciales sur ces derniers.»

Un commentaire qui rejoint celui de Juan Senor: «Apple wants to become the world's kiosk. If we lose pricing and customer data, what's left for us? I love what they have done, but we have to aggressively negotiate with them. There are huge implications of this... We cannot suffer the same fate as the music industry where they killed the CD.»


par Patrick Bellerose



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 2 commentaires


  • crobi a dit le 12 octobre 2010 Signaler ce commentaire

    Quelle mauvaise lecture de la situation. Premièrement Apple (259B$) n'est pas la troisième capitalisation boursière mais bien la deuxième et Microsoft (210$ b) est derrière Apple.

    Deuxièmement, Ce n'Est pas Apple qui a tué le CD mais plutôt le téléchargement illégal. Apple a plutôt sauver les majors de ce téléchargement illégal afin d'offrir une solution légale.

    Cela dépends comment on voit les choses.

    Le 30% que Apple garde, elle est ou la différence avec le coût de l'impression, la distribution et la cote pour les boutique qui vendent le journal imprimé ?

    À noter que dans ce 30% Apple s'occupe des frais de cartes de crédit et de distribution.

    Le point que j'accorde c'est l'information sur ses abonnés mais en négociant je suis sûr qu'ils arriveront à un terrain d'entente,

  • maxilapo a dit le 12 octobre 2010 Signaler ce commentaire

    citation :
    "perdre leurs relations directes avec leurs lecteurs et de se priver d'informations cruciales sur ces derniers"

    Informations cruciales ? Quand il vende un journal, quel sorte d'informations ils reçoivent du client ? AUCUNE !! Quelle différence alors ?


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