Étonnamment, plusieurs médias écrits ont été lancés au cours des derniers mois.
Voyons voir.
Un groupe de cinq journalistes indépendants lancent RueMasson.com, un site consacré au Vieux Rosemont, à Montréal.
Toujours dans la métropole, un magazine dédié spécifiquement aux femmes des communautés ethniques voit le jour sous le nom de Souche.
La gang à qui l'ont doit BangBang a pour sa part lancé Baron, un magazine qui se décrit comme un espace de «discussions avec ceux qui confectionnent les tendances et mouvements de demain: artistes, designers, politiciens, aventuriers et bien plus».
Baron se conçoit aussi comme un «club V.I.P», dans ses propres mots, qui donne accès à des événements exclusifs.
À cela s'ajoute un mystérieux nouveau magazine qui a fait paraître une annonce récemment sur Isarta. Sous le nom temporaire de Magazine Montréal, l'équipe rencontre les pigistes pour mettre en place la nouvelle publication. Sans trop vouloir en révéler, le magazine est une entreprise indépendante et devrait cibler les jeunes adultes montréalais.
Il y a eu aussi l'aventure de Québec89, à laquelle j'ai participé au sein de l'équipe de Branchez-vous!.
Voilà pour les indépendants.
Chez les majors, Quebecor a lancé de nouveaux hebdos régionaux, tandis que Transcontinental a fermé Commerce pour lancer Premium, un condensé des meilleurs textes pour un public d'affaires parus dans le monde.
Rogers aussi, s'active en mettant notamment la main sur Branchez-Vous! et en lançant des publications de plus ou moins grande taille, dont MarketingQc et le site SweetspotQC.ca.
J'en oublie certainement.
Mais le constat est clair: malgré la montée du Web, le monde de l'édition papier n'a pas dit son dernier mot. Plusieurs de ces médias - Souche, Baron, Premium - font d'ailleurs le choix de ne pas offrir leur contenu en ligne.
À l'inverse, le Web peut servir de tremplin pour faire le saut vers l'imprimé, comme ce fut le cas en France avec Rue89, qui vient de lancer son magazine papier. On peut très imaginer que RueMasson.com lance un jour son guide du quartier, comme le suggère un article de ProjetJ.
Peu importe le modèle d'affaires, ce que tous ces médias ont en commun est l'hypersegmentation de leur public.
Souche s'adresse aux femmes au teint basané.
RueMasson.com a un lectorat potentiel de 35 000 personnes, soit la population vivant aux abords de cette artère du quartier Rosemont.
Même Quebecor segmente son lectorat avec ses hebdos.
Bien sûr, certains de ces médias ne sont pas rentables. RueMasson.com, notamment, existe grâce au travail bénévole de ses artisans (quoique l'équipe envisage de devenir rentable).
Mais, après la crise de l'imprimé et celle de l'économie, une telle effervescence dans le milieu de l'édition fait plaisir à voir.
Petite mise à jour: RueFrontenac.com, le site Web des lock-outés du Journal de Montréal, lancera sa version papier à la fin octobre. Une coïncidence qui tombe à point.
par Patrick Bellerose