Album après album, la gang d'Arcade Fire réussit à utiliser les nouvelles technologies pour faire vivre une expérience unique à ses fans.
Le groupe phare de l'indie rock montréalais (mondial?) vient de mettre en ligne une nouvelle vidéo qui intègre les fonctionnalités de Google Street View.
Le tout a été fait en partenariat avec Google qui semble vouloir faire ainsi la promotion de son fureteur, Google Chrome.
Vous n'avez qu'à taper l'adresse du lieu où vous avez grandi et le système intègre des images de votre quartier à la vidéo.
Vous avez toutefois intérêt à être né dans une ville: dans mon cas, par exemple, Google Street View ne possède pas suffisamment de données sur mon petit village natal.
J'ai tout de même tenté l'expérience avec une ancienne adresse montréalaise, et le résultat est poignant.
Comme plusieurs chansons de l'oeuvre d'Arcade Fire, We Used to Wait fait appel à la nostalgie de l'enfance.
Cette intégration d'images rappelant la jeunesse du spectateur est peut-être le meilleur exemple de la personnalisation rendue possible grâce au Web.
Je rencontrais aujourd'hui le président d'une entreprise spécialisée en gestion de bases de données (plus de détails dans une autre chronique). Il me donnait cet exemple frappant. «Si vous êtes une banque et que le consommateur vient trois fois sur votre site pour utiliser la calculatrice du taux d'hypothèque, voudriez-vous le savoir? Et lorsque cette même personne vous appelle, votre agent devrait avoir cette information, non?»
Bien sûr, les questions de bases de données comportent leurs risques, comme nous en faisions mention ici.
Mais, comme le mentionnait mon interlocuteur, la personnalisation du Web permet aussi de recréer le rôle du marchand dans les villages d'antan. «Il vous connaissait. Il savait ce que vous aimiez, ce dont vous aviez besoin.»
Bien que je soupçonne Arcade Fire de ne pas être aussi mercantile que mon marchand de village, le groupe sait comment faire parler de lui.
Cette fois, c'est la personnalisation du Web.
Mais ils ont aussi organisé des concerts secrets dans des sous-sols d'église pour leur album précédent, puis une série de préconcerts semi-secrets dans les banlieues pour leur dernier opus.
Auparavant, le groupe avait aussi connu un succès viral avec une vidéo interactive pour Neon Bible.
Plus récemment, le groupe diffusait son concert en direct sur Youtube.
Pas mal, pour une bande de hipsters du Mile End.
par Patrick Bellerose