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jeudi 29 juillet 2010 à 5H00

e-books: une bonne affaire pour les auteurs


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Amazon a annoncé en grande pompe la semaine dernière qu'elle vend désormais plus de livres sur son lecteur numérique, le Kindle, que de livres traditionnels.

L'annonce sert bien entendu les visées d'Amazon qui souhaite démontrer la popularité du livre électronique... et de son Kindle.

Ce que disent les petits caractères, toutefois, c'est que le calcul n'inclut pas les livres de poche, les livres non disponibles sur le Kindle ou les livres uniquement disponibles sur ce support. Ah, ah!

Néanmoins, l'arrivée du livre numérique semble être une bonne nouvelle pour les auteurs, trop souvent mal rémunérés.

Traditionnellement, du moins aux États-Unis, un auteur reçoit environ 25% des revenus nets de la vente d'un livre. Les auteurs et agents littéraires estiment qu'un écrivain pourraient bientôt recevoir près de 50% des revenus.

Après tout, la part de l'imprimeur et du libraire disparaissent.

Et l'arrivée des lecteurs numériques, notamment du iPad, pourrait stimuler les ventes de livres, tout comme le iPod et iTunes l'ont fait pour la musique.

Fait à noter: Amazon fera désormais directement compétition à Random House avec une entente exclusive de diffusion en format électronique pour certains titres, dont ceux de Philip Roth et Vladimir Nabokov.

Ajoutez à cela que la numérisation des ouvrages pourrait aider les auteurs à agrandir leur marché, comme l'explique un texte de Maxime Johnson (également blogueur Matériel pour BV!): «La présence du livre québécois en France aujourd'hui est anecdotique, explique [Gilles Herman, éditeur aux éditions du Septentrion et membre du comité sur la numérisation de l'Association nationale des éditeurs de livres]. Avec le numérique, on a finalement une carte à jouer, puisque ça annule les coûts de transport qui nuisent à l'exportation [...] La plupart des éditeurs québécois comprennent l'occasion qu'ils ont avec le livre électronique, ajoute-t-il, mais ce n'est pas facile de se lancer dans la numérisation, car ça demande une nouvelle expertise et, surtout, du temps et de l'argent.»

Et cette expertise, ce sont les éditeurs qui la détiennent. Ceux-ci ne sont donc pas en voie d'extinction.

Certains auteurs seront tentés de faire relire leur manuscrit par leur beau-frère et publier le tout en ligne à compte d'auteur. Mais, comme l'explique la présidente de la maison d'édition House of Anansi, Sarah MacLachlan, - qui publie notamment Margaret Atwood - rien ne vaut le sceau d'approbation d'un éditeur réputé.

J.K Rowling ou Stephen King pourraient bien publier leur prochain livre eux-mêmes et empocher la totalité des revenus, mais qui lira le premier livre de ti-cul Tremblay, auteur inconnu de St-Clin-Clin-du-bout-du-trou, sans l'aide d'un éditeur reconnu?

Sur une note connexe, Josianne Massé parle dans un billet récent des opportunités d'autopromotion désormais disponibles en ligne pour les auteurs. Blogues, bandes-annonces, entrevues croisées, les auteurs d'aujourd'hui ne manquent pas d'idées pour sortir leurs œuvres des bibliothèques.

D'ailleurs, l'électronique n'a pas nui au papier, puisque la vente de livres traditionnels est en hausse de 22% cette année aux États-Unis.

On lit plus? C'est une bonne nouvelle pour tout le monde.

Pour en savoir plus, consultez le livre La bataille de l'imprimé, publié aux Presses de l'Université de Montréal.


par Patrick Bellerose




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