Après des années de résistance, Google a dévoilé hier comment elle partage ses revenus avec les éditeurs qui utilisent AdSense.
Sorte de régie publicitaire, AdSense permet aux éditeurs de sites web d'obtenir des revenus pour des publicités mises en contexte avec leur contenu.
L'entreprise offre aussi AdSense pour les recherches: une barre de recherche Google est placée sur le site web et l'éditeur reçoit une partie des revenus tirés des «liens sponsorisés».
Selon un billet du blogue Inside AdSense, Google remet 68% des revenus publicitaires d'AdSense aux éditeurs, 51% dans le cas des recherches.
Si la marge de profit peut sembler substantielle, Google souligne qu'elle doit constamment développer de nouvelles technologies pour «maximiser les revenus que vous générez avec ces publicités».
Dans la section «commentaires» du blogue, certains lecteurs ont relevé que l'auteur ne précisait pas si ces chiffres représentent une moyenne ou la proportion versée à tous les éditeurs.
Un commentaire subséquent d'une des membres de l'équipe AdSense précise que tous les éditeurs reçoivent 68%, il ne s'agit donc pas d'une moyenne. Toutefois, certains grands éditeurs, comme le New York Times, négocient leurs tarifs séparément.
Cette sortie de Google vise à apaiser les critiques qui dénoncent sa position de quasi-monopole dans certaines régions du monde, notamment en Italie, où une enquête sur son contrôle du marché est réclamée par des éditeurs de journaux.
Mais comme le souligne Matt Lawson, directeur du marketing chez Marin Software, sur le site de MediaPost, l'information dévoilée hier a peu de valeur. Puisque Google domine déjà largement dans de nombreux marchés (notamment en Grèce où elle s'accapare 90% des recherches faites sur le Web), la compétition pourra difficilement en tirer profit.
Une situation que Google n'hésite pas à souligner dans son billet. L'auteur, Neal Mohan, vice-président, gestion des produits, écrit: «[...] when considering different monetization options, we encourage you to focus on the total revenue generated from your site, rather than just revenue share, which can be misleading.»
Autrement dit, 68% de 100$ est toujours mieux que 80% de 50$.
Vrai. Mais, ultimement, l'histoire a démontré que les situations monopolistiques sont néfastes pour les consommateurs et les petites entreprises.
Par exemple, un couple d'entrepreneurs affirme que Google a relégué son site de comparaison de prix aux limbes du cyberespace, afin de mettre de l'avant son propre site similaire.
Google pourrait-elle éventuellement être divisée en deux compagnies, comme Microsoft a failli l'être en l'an 2 000?
En attendant, voici un lien vers un blogue qui garde un œil sur les activités de l'entreprise de Mountain View: Inside Google.
par Patrick Bellerose