Plus que quelques jours avant la venue du Messie... pardon, du iPad!
Ce samedi, le iPad d'Apple fera son apparition chez nos voisins américains. (Chez nous, l'appareil sera disponible fin avril, nous dit Apple.)
Une sortie attendue par tous les amateurs de gadgets, certes, mais aussi par toute une industrie qui, au cours des derniers mois, n'a pas caché son optimisme débordant et sa foi quant au pouvoir régénérateur de la tablette multimédia.
Je parle, bien entendu, des magazines.
C'est bien simple, à lire certains reportages depuis le début de l'année, on pourrait croire que pour la presse magazine, le iPad est le Messie.
On peut comprendre cet enthousiasme.
Contrairement aux autres médias, les magazines sont un peu les oubliés de la révolution numérique. On a parlé beaucoup de la télé sur le web, des quotidiens sur le web, de la radio sur le web...
Or, même si on les entend moins que les autres médias, les magazines sont eux aussi confrontés aux mêmes questions existentielles imposées par le web. Et avant toute chose: comment décliner l'offre magazine en ligne sans qu'elle n'affecte la raison d'être - et la rentabilité - du produit imprimé.
Côté interactivité, la majorité des magazines utilisent les trucs en ligne classiques de la presse quotidienne: compléments d'informations, vidéos, blogues, communautés, etc. Tout cela est très conventionnel.
En fait, jusqu'aux balbutiements du iPad, les magazines n'ont jamais été de grands innovateurs sur le web. Il y a bien sûr des exceptions, comme les versions numériques (les «e-zines») conçues par Zinio (qui permettent, entre autres, d'insérer des vidéos dans le contenu) ou, récemment, les percées des codes-barres 2D, qui permettent de lier des suppléments web aux articles imprimés...
Alors oui, c'est au tour des magazines de se gâter. Et au passage, de regarnir les coffres. On a vu que bien des gens étaient prêts à débourser pour télécharger des applications pour leur iPhone, alors pourquoi ne pas y aller d'une application pour le iPad?
Condé Nast et Time Warner font partie des éditeurs qui auront certainement un ou plusieurs produits à proposer aux acheteurs du iPad. Condé Nast a déjà préparé le terrain avec son application iPhone pour le magazine GQ et nous a titillés avec cette vidéo montrant une version iPad du magazine Wired.
Time Warner, pour sa part, compte bien offrir son magazine Sports Illustrated sur le iPad (après avoir, lui aussi, tâté le terrain du iPhone).
Finalement, le iPad (basé sur ce qu'on en a vu jusqu'à présent) est beaucoup mieux adapté au média magazine que ne le sont les outils interactifs conventionnels ou les publications «numériques» telles que nous les connaissons aujourd'hui.
Parce qu'à la base, le magazine est un média de détente et de réflexion. Il ne se lit pas aussi rapidement qu'un journal, et on ne le jette pas après 10 minutes. Notre relation avec le magazine est beaucoup plus intime qu'avec les autres médias.
Et avec un peu de chance, le iPad conservera un peu de cette relation particulière et, sans doute, redonnera une seconde vie aux magazines.
par Romain Bédard