Si votre réponse est «publier un URL dans le journal», vous avez tout faux.
J'ai terminé mon billet de mardi en écrivant que la combinaison télé/web (les gens qui regardent la télévision et pitonnent sur Internet en même temps) était une source d'optimisme partout dans l'industrie:
• Les réseaux de télé sont contents parce qu'ils peuvent compter sur des auditoires fidèles et attirés vers leur programmation par le simple fait qu'ils peuvent «facebooker» avec leurs amis, en direct.
• Les annonceurs sont contents puisqu'ils peuvent maximiser leur investissement publicitaire en combinant web et télé pour un maximum d'efficacité.
• Les maisons de recherche sont contentes, car elles ont enfin un tout nouveau segment de consommation média à étudier.
Mais qu'en est-il des autres médias? Les journaux, par exemple, sont-ils capables de commander ce même «call-to-action» de leur version papier à leur version web?
Permettez-moi d'en douter.
Oh, tous les dirigeants de quotidiens aimeraient bien que ce soit le cas, croyez-moi. Ça les rassurerait sur le concept nébuleux de «convergence» qu'ils tentent d'enfoncer dans la gorge de leurs employés et de leurs actionnaires. J'en ai vu piquer des CRISES parce qu'un article de journal n'était pas accompagné d'un URL vers une vidéo ou une galerie photos...
Mais croyez-moi (j'ai vu les chiffres): PERSONNE ne consulte un URL qu'il vient de lire dans le journal. À moins de lire votre quotidien préféré avec votre ordi sur les genoux... Pas super-pratique, vous en conviendrez.
Au plus, les liens web publiés dans un quotidien servent à rappeler au lecteur qu'il peut poursuivre son expérience de lecture au cours de la journée, en lui proposant des rendez-vous vers des contenus inédits ou vers des archives sur un dossier en particulier (encore faut-il que ces archives soient organisées en ligne, et non un fourre-tout comme on en voit d'habitude).
Les véritables innovateurs pour ce qui est de passer de l'imprimé au web, ce sont les magazines. De grands magazines américains, comme Esquire ou InStyle, ont expérimenté récemment avec des technologies comme les codes-barres 2D (tel qu'illustré) pour inciter leurs lecteurs à interagir sur Internet.
En imprimant un code-barre dans un article ou une pub, le magazine peut diriger ses lecteurs vers des contenus supplémentaires, des promotions, des cadeaux, etc.
En téléchargeant une simple application (gratuite), n'importe quel téléphone cellulaire de nouvelle génération peut se transformer en lecteur de codes-barres. Quand l'utilisateur prend une photo du code-barre avec la caméra de son téléphone, l'application lit l'information qu'il contient et redirige l'utilisateur vers une page web avec l'information demandée.
Les possibilités sont infinies!
C'est quand même plus pratique que de demander aux gens d'allumer leur ordinateur, d'ouvrir leur browser et d'y taper un URL, vous ne trouvez pas?
par Romain Bédard
Ce sont les magazines japonais qui ont inventé ce concept d'Infolust. En 2006 TrendWatching en a fait un bon dossier : http://www.trendwatching.com/trends/infolust.htm
L'idée est bonne, mais est-ce vraiment pratique? Avec un portable, je comprends, ils sont tous ou presque équipés de caméra, mais avec un ordinateur?
Synchroniser deux technologies différentes - imprimé et électronique - est une tâche ardue. Les images 2D sont un pas dans la bonne direction, mais pas la solution. Quels sont les stats? taux de rétention, temps passé en ligne par l'entrée 2D, entrées sur la page vs nombre de copies en circulation?
Et bien merci beaucoup pour la découverte. Notons que cette technique peut être transportable à bien des domaines (affichage pub, promotion grande distribution, etc..)