Lancement réussi à tous points de vue pour Radio-Canada, la semaine dernière, qui a impressionné bien du monde avec sa nouvelle webtélé tou.tv. Mais pour moi, le plus impressionnant reste à venir: un modèle d'affaire viable pour la télé sur le web.
Si vous étiez sur Mars la semaine dernière, sachez que le talk of the town dans la communauté média/web (après le iPad d'Apple) était l'arrivée de tou.tv. Le site permet aux internautes de regarder gratuitement un vaste choix d'émissions radio-canadiennes, bien sûr, mais également une sélection de programmes en provenance de partenaires comme TV5, Télé-Québec, TFO et quelques diffuseurs francophones européens.
Techniquement parlant, le site est une réussite et attire les comparaisons élogieuses avec son grand cousin américain, hulu.com. (Plus à ce sujet dans ma chronique de jeudi.)
Radio-Canada annonce 2000 heures d'émissions dès le lancement et en promet encore plus au cours des prochains mois. Doit-on s'étonner devant un tel étalement de contenus et de ressources dirigé vers la seule clientèle Internet?
Franchement, oui.
La vidéo sur le web compte parmi les contenus les plus difficiles à rentabiliser dans le média Internet. En terme de revenus, un «pre-roll» (publicité lancée au démarrage d'une séquence vidéo) de 30 secondes et quelques bannières par-ci par-là sur le site n'équivaudront jamais aux 12 minutes de publicité à l'heure vendues sur les ondes, surtout en prime time.
Alors pourquoi se donner tout ce mal?
C'est parce que, comme tous les médias à l'heure actuelle, la télévision se cherche sur le web. Radio-Canada est aux prises avec le même catch 22 que les médias imprimés: d'un côté, l'auditoire s'effrite et passe plus de temps sur Internet. Il faut donc rejoindre les téléspectateurs là où ils sont. De l'autre côté, financer un site-répertoire webtélé à la fine pointe de la technologie ne fera qu'encourager le jeune auditoire à migrer vers Internet, où les revenus comptent pour une infime partie de ce qu'ils représentent en télévision.
La question est donc: à partir de quand devient-il intéressant pour un télédiffuseur de cannibaliser sa propre programmation télé au profit d'une plus large distribution sur le web? Clairement, la question est moins pressante pour Radio-Canada, pour qui le mandat public passe avant tout.
Mais pour tous les autres, on n'a pas fini de parler de ce dilemme en 2010.
par Romain Bédard
Bon point Romain.
Nous avons dans chacune des télés, ce questionnement depuis plusieurs années.
Il faut savoir que les dirigeants de la majorité des TV avaient avant les 2 dernières années une réticence à laisser leur programmes visionner en VOD sur le web.
Tqs maintenant V à surement été un précurseur dans ce domaine sur le web en négociant la libération des droits en amont depuis 5 ans pour leur programmation d'ici et en introduisant la segmentations de leurs émissions pour permettre de rentabiliser l'opération.
Musique Plus et Radio-Canada ont emboiter le pas ensuite. Suivi de l'ensemble des spécialisés.
Il est certain que les revenus web dans un petit marché comme celui du Canada-français ne compenseront jamais les perte de revenus vers les nouveaux médias pour les TV car une bonne partie des revenus publicitaires pour rejoindre les québécois passent depuis les dernières années en grandes parties par les sites américains ou étrangers . Ex. Facebook, youtube, google. Ce qui diminue les possibilités de développement et de revenus pour les gestionnaires de sites privés.
TVA a fait un choix qu'y s'imposait dans leur cas avec Illico au lieu du web car elle à la chance de pouvoir avec Vidéotron rentabiliser le modèle VOD avec leurs clients du câble.
Bon je sais pas où tu prends ton copier-coller mais la réalité c'est que cette nouvelle plate-forme en flash fonctionne très mal.
Ils tentent encore le géo-positionnement pour éviter les embrouilles de droits d'auteurs et il semble y avoir plein de bogues de programmation hors WinChose, genre Mac et Linux.
À leur défense, cependant, je dirais qu'ils y travaillent très fort.
La question cependant reste entière: Pourquoi lancer un service bêta en ligne plein de bogues et susceptible d'être critiqué ? Pourquoi pas sur une base volontaire et coopérative ?
Les éloges d'un quelconque média ne va pas m'émouvoir outre mesure, merci pour la référence....
De nos jours la norme c'est : multi-plate-forme
Donc Concepteurs, SVP testez vos produits avant de les mettre en ondes. Sinon, vous aurez l'air pas mal fou.
Et c'est encore le cas de cette nouvelle plate-forme Radio-canadienne. Mauvais départ !!!!