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mardi 28 juillet 2009 à 15H14

Information financière : «There's no business like show business»


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En ces temps incertains, on serait porté à croire que les chaines d'information financière font preuve de rigueur et de sérieux. Il n'en est rien chez CNBC qui met plutôt l'accent sur le culte de la vedette... avec les risques de dérapage à la clé.

Je ne suis pas un spécialiste des questions financières. Jamais je n'oserais prétendre l'être. C'est pour tenter de comprendre les fondements de la crise en cours que je m'alimente aux pages économiques des Wall Street Journal et consorts, ainsi qu'à certains blogues crédibles. Et respectueusement, je dois avouer que la plupart font un travail honnête.

Il en est de même pour la télé où un journaliste comme Gérald Fillion, que la crise a propulsé comme vedette au RDI, fait admirablement bien son boulot. On constatera que jamais Fillion ne se place en face de la nouvelle. Il est au service de la nouvelle. L'opinion de Fillion, on peut la lire dans son carnet. Et c'est très bien ainsi.

Cela dit, pour bien des lecteurs de ce carnet comme pour son auteur, les chaines d'information financière continue sont aussi d'autres sources relativement crédibles. Du côté de chez Bloomberg, accessible grâce au logiciel LiveStation, plus souvent qu'autrement, l'information est la vedette. Et c'est ce que je demande à une chaine d'info continue : donnez-moi la nouvelle, décortiquez-la, et surtout, laissez votre ego au vestiaire.

Il n'en est malheureusement pas de même chez CNBC. Chez CNBC, les vedettes sont... l'animateur et ses invités (on évitera ici le mot journaliste). Surtout l'animateur lui-même. L'info? C'est accessoirement accessoire. ☺

Et on constate que les dérapages sont fréquents. Au point où l'animateur d'une émission d'humour, Jon Stewart, s'est permis d'inviter Jim Cramer, une des «bruyantes» vedettes de CNBC, pour le confronter avec ses propos inconsistants et son éthique plutôt élastique.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Stewart, un humoriste doit-on le rappeler, assène un jab au monde de l'information dite sérieuse et crédible. On se souviendra de son apparition sur le plateau de l'émission Crossfire à CNN, apparition qui a valu à l'émission et ses vedettes de prendre une retraite hâtive et non prévue.

Et que dire des relations de l'animatrice vedette Maria «Money Honey» Bartiromo avec un haut officier de l'entreprise Citigroup, Todd Thomson? Et de ses reportages sur cette entreprise alors qu'elle en détenait des actions? CNBC aurait pu intervenir afin clarifier les choses et regagner de la crédibilité, mais elle a préféré appuyer sa vedette dans toute cette controverse. Pitoyable! Et on ne vous parle pas de Rick Santelli, l'ancien trader devenu «journaliste» qui, au début de cette année, s'en prenait pas très subtilement au plan de relance du président Obama.

Le problème, c'est que plusieurs croient que son intervention «spontanée» ait été planifiée avec des organisations républicaines. Invité à l'émission de Stewart (encore lui), Santelli a refusé de venir s'expliquer à ce sujet.

Dernière dérape récente? Dennis Kneale, animateur jappeur en soirée. Dans ce qui semble être un scénario bien planifié, Kneale lance quelques affirmations grossières qui ont de quoi surprendre même le plus néophyte des observateurs de la scène financière, patiente quelques jours, histoire voir les réactions des audiences et de la blogosphère, et en remet un couche, tout en insultant copieusement ceux qui remettent en question ses propos.













Par la suite, il invite ces critiques à lui répondre à son émission tout en la jouant «bully». Inutile de dire que les pauvres blogueurs invités ont été bulldozé par Kneale. Mais le tout aurait grandement fait remonter la cote de popularité de Kneale à CNBC.

Et l'information dans tout cela? Quelle information? Il n'y a que des jappeurs qui s'invectivent au profit des cotes d'écoute.

Ce n'est que du showbiz voyons. Et «there's no business like show business.»

Et on s'étonne après cela que la crédibilité des journalistes et des médias atteigne des sommets d'impopularité.


par Michel Dumais



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 2 commentaires


  • img_5
    BobPleau a dit le 6 août 2009 Signaler ce commentaire

    Excellent article M. Dumais!
    Faisait un sacre bail que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi interessant sur branchez-vous... Kudos!

  • img_5
    victor a dit le 15 août 2009 Signaler ce commentaire

    Mouais absolument interressant. Bravo. J'appui tout ce que bob a dit


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