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lundi 12 janvier 2009 à 10H18

ByeBye 2008 et Journal de Montréal : Follow the money!


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On ne reviendra pas sur le ByeBye 2008. Les chroniqueurs, les journalistes, la blogosphère, son père et sa mère, tous l'ont fait avec plus ou moins d'élégance. Mais outre la petite et déplorable guéguerre cheapo qui règne entre la société d'État et Québécor, il convient d'expliquer pourquoi le Journal de Montréal a fait plusieurs fois sa Une avec l'émission de fin d'année.

Pour parodier (un peu) René Lévesque, j'aurais tendance à dire que «si je vous ai bien compris», il conviendrait de pendre par les pouces, jusque mort s'en suivre les auteurs du ByeBye. Pis encore, pourquoi ne pas allumer sous leurs petits petons un bûcher? Les excommunier? Ou les obliger à écouter l'intégrale des disques de Normand L'Amour?

De même, nous devrions ni plus ni moins que fermer Radio-Canada pour avoir osé endosser une telle sottise. Vite, confions le contrat du prochain ByeBye à la Poule aux œufs d'or elle-même pour éviter tout imbroglio. Et comme chacun des gags serait commandité par la bonne nouvelle GM, tout le monde il serait beau, tout le monde il serait gentil.

Ce matin, dans le Devoir, Paul Cauchon revenait une fois de plus sur le sujet et je dois dire que je suis en grande partie d'accord avec ses propos. Radio-Canada doit faire un examen de conscience.

C'est le message principal de cette crise: il s'y est exprimé un ras-le-bol généralisé envers les dérives de Radio-Canada. À la limite, les réactions à ce Bye Bye dépassaient le contenu réel de l'émission: le Bye Bye 2008 est devenu le prétexte à fustiger le populisme de Radio-Canada en soi, la vulgarité de certaines émissions, le ras-le-bol envers les jokes de cul omniprésentes (y compris à Tout le monde en parle), envers la place exagérée prise par les humoristes sur les ondes, envers les farces plates dans les galas, et même envers des émissions célébrées par l'industrie (par exemple Les Bougon) qui font grimacer une partie du public.

Mais tout de même pas au point de sacrifier une certaine audace quand même? Comme justement avoir pris le risque de programmer les Bougon alors que toutes les autres chaines avaient refusé de le faire.

*****

Cela dit, l'entrevue la plus significative sur le sujet fut celle accordée à Pierre Maisonneuve par les chroniqueurs télé Steve Proulx, Richard Therrien et la directrice des pages culturelles au Journal de Montréal, Michelle Coudé-Lord. Entre Proulx et Therrien et madame Coudé-Lord, un océan de distance. Autant les deux premiers convenaient que le ByeBye de cet année n'avait pas répondu aux attentes mais qu'il ne fallait en faire une affaire d'État, autant madame Coudé-Lord éprouvait d'immenses difficultés à empêcher son jupon de sortir. J'ai même éprouver un certain malaise à entendre madame Coudé-Lord justifier leur pantagruelesque couverture sur le ByeBye sur le droit du public à l'information, évoquant régulièrement ce que 4 millions de citoyens veulent savoir.

Coup donc, bout' de cierge, en est-on rendu à informer par sondage? «Aujourd'hui, nos lecteurs veulent tout savoir sur la recette de sucre à la crème de Maman Dion. Et on tue la Une! Gaza? C'est de la sauce brune ça?»

Sérieusement, je sais que plusieurs se demandent pourquoi le Journal consacre aussi souvent sa Une au ByeBye. C'est une connaissance à moi qui bosse au Journal qui me l'a expliqué un jour, alors que je lui demandais candidement, «mais pourquoi faites-vous aussi souvent votre Une avec Guy Cloutier (c'était du temps de l'Autre histoire) alors qu'il n'y a à peu près rien à dire?»

Et la connaissance de me répondre, «honnêtement, nous n'avons pas à être pour ou contre Cloutier. Mais sache qu'à chaque fois que mettons la face de Cloutier en «front», ou celle de Céline ou Angélil (tiens donc), on vend des dizaines de milliers de copies supplémentaires en kiosque. C'est aussi simple que cela.»

Yup! Convergence et guerre commerciale cheapo entre Radio-Canada et Quebecor? Ça va de soi. Et à terme, c'est la crédibilité des médias et des journalistes qui en souffrira. Mais aussi, «follow the money ». C'est aussi simple que cela.


par Michel Dumais



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 8 commentaires


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    Denis Boudreau a dit le 12 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    Bien envoyé!

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    André Brière a dit le 12 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    Je suis entièrement d'accord avec vous mon cher. ce BYE BYE fut un floppe monumentale. Sans ruthme, cohésion et surtout réaliser comme comme des ''séances'' à la petite école.

    De très mauvais gout et SURTOUT que la productrice ose parodier Nathalie Simard la victime de son propre père, ça sent le règlement de compte. Nonobstant les timides excuses nullement convaincantes de Véro et Morissette. À ce momnt ça devient de la grossière indécence et totalement scandaleux.

    Plus irrespectueux que ça tu meurt. Vivement le retour de RBO qui eux sont de vrai humoristes parfois cinglant mais toujours dans la dignité. Pour faire de l'humour il faut du talent ce qui n'est pas le cas de Véro et Morissette.

    Persiste et signe,

    André Brière

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    Daniel a dit le 12 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    Bel article.

    Je m'attendais à un bye bye baveux; les indices pointaient vers de l'humour grinçant. Je ne sais pas pourquoi, mais certaines personnes ont pensé qu'il y aurait de l'humour familiale.

    Les artistes (humoriste, comédien, chanteur, etc.) et les politiciens ne sont pas notre propriété, ce sont des citoyens comme vous et moi... ils font simplement un métier qui les exposent au public.

    Ceci dit, quand on parle d'humour, on parle de dédramatiser (rire de nos malheurs, de nos erreurs), de caricaturer (exagérer). C'est loin du documentaire, c'est du divertissement.

    Selon J-F M, pour 20 courriers positifs il reçoit 1 courrier négatif. Plus de 95% des gens qui lui écrivent sont contents du gros cave, et malgré cela, l'acharnement et les menaces du 5% le déprime.

    Je suis content de vivre dans une société où l'on peut rire de nos défauts, préjugés, idées préconçues, travers et conneries en tout genre.

    Je suis contre la censure et les débats comme : "est-ce que l'humour va trop loin?".

    La rectitude politique va tuer l'humour au Québec. Et là où il n'y a pas d'humour, il n'y a pas d'humanité.

    J'ai ri durant le bye bye, et je n'en ai pas honte.

    À corriger : Le mot "coudonc" est la contraction de "écoute donc", pas de "coup donc". Des fois, il vaut mieux ignorer les soulignements en rouge dans nos traitements de texte.

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    PsyKo a dit le 13 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    «Mais tout de même pas au point de sacrifier une certaine audace quand même? Comme justement avoir pris le risque de programmer les Bougon alors que toutes les autres chaines avaient refusé de le faire.»

    On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre... audace = faire des erreurs, dépasser parfois les limites... si on demande de l'audace pour ensuite taper sur la tête des audacieux quand ils merdent, je vois pas ce que ça donne ni la logique derrière ça...

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    PsyKo a dit le 13 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    ah oui, vous pouvez ajouter Patrick Roy, le Canadien de Montréal (surtout quand il gagne) dans les Une qui vendent des copies du Journal de MTL...

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    franc a dit le 13 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    bien vu et bien envoyé! je fais partie de cette majorité silencieuse qui a apprécié l'audace du byebye et qui ne hurle pas avec les loups,
    mais quand j'entends:" il y a consensus, on a entendu la population québécoise", est ce que ça veut dire que je ne fais pas partie de la population?
    est ce que ça veut dire qu'on peut avoir consensus sans sensus?

    une chose est sure: je ne dois pas faire partie de la populace puisque j'aime les bougon et bunker!!!

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    franiek a dit le 13 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    je ne comprends pas pourquoi on s'excuse de ci ou ça,
    sur info07outaouais (groupe transcontinental), il y a 1 sondage sur le bye bye, la majorité a aimé!
    alors à part 2 ou 3 vedettes en mal de pub, qui a peur du byebye?

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    x a dit le 17 janvier 2009 Signaler ce commentaire

    on ne peut plus etre plus précis. mais tout le monde sais que la moindre occasion que le monde des péladeau cest: pub, produit ou commentaire merdique ou bon si ca fais du $$$$$$ vas y. résultat flop du byebye fais la une du journal et ca vend, tout le monde veut lire sur ca. le banquier quel foutaise: le telephone de videotron avec pub de videotron et animé par mme julie peladeau. chercher midi a 14 hr tout est la pour faire vendre leur image.

    just mr angelil qui a eu de quoi de brillant a dire au lieu d'essayer de vendre quoique ce soi ou d'excuser quiquonque et recommender la demission de mme je sais pas qui a la src au lieu de continuer a mettre la src dans marde et mettre quelqu'un de plus brilliant dans les décision de mettre quoi dans leur show de tv.


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