Depuis les derniers mois, on constate que Radio-Canada tente d'essaimer ses émission simultanément sur plusieurs plateformes, soit télé, radio et Internet. Malheureusement pour les créateurs de la boîte (et les auditeurs), le mélange des genres, ça ne se passe pas toujours sans difficultés.
Les lecteurs le savent, le chroniqueur ici présent est un maniaque de radio. Difficile pour lui de résister lorsqu'un radio transistor lui fait de l'œil. C'est pourquoi il observe avec beaucoup d'intérêt toutes les expérimentations en ce domaine.
Déjà , on avait vu (et entendu) un précurseur en la matière, soit l'émission Bazzo.TV version 1.0 à la télévision québécoise. Et ici, ouvrons une parenthèse.
Une émission de radio à la télé, voilà ce qu'était l'émission de Marie-France Bazzo lors des premières saisons. Contenu contenus, rien à redire, on comprend pourquoi l'animatrice est encore regrettée par bien des auditeurs de la Première Chaîne. Mais comme émission de télé, avouons que ça passait fort mal. Je devais me fermer les yeux ou encore télécharger la ballado pour apprécier toute la profondeur des entrevues menées par madame Bazzo.
Mais cette année, dans sa version 2.0, Bazzo.TV est une grande émission de télé, avec des moments forts et des invités toujours pertinents. Et de plus, on peut enfin revoir tous les meilleurs moments sur le site Web de l'émission. Un seul manque, un code d'imbrication à la YouTube permettant aux blogueurs d'intégrer un clip de l'émission sur leur carnet web.
Et refermons la parenthèse.
Cela dit, les derniers mois nous ont permis de constater que Radio-Canada tente de faire éclater les murs de la radio en se livrant à quelques expérimentations. Il y a eu ce concert d'ouverture de l'OSM dirigé par l'homme aux cheveux symphoniques. Autant à la télé qu'à radio et sur Internet, ce fut un succès. L'événement s'y prêtait bien d'ailleurs.
Les deux semaines qu'ont duré les Jeux Olympiques de Beijing, encore là , ce fut un réussite. Les créateurs de la SRC ont su adapter la couverture de l'événement aux particularités de ces trois médiums que sont la télé, la radio et le Web tout en permettant à chacun de s'appuyer sur l'autre. Mais on comprendra ici qu'il s'agit uniquement d'événements ponctuels. Mais quid d'une émission régulière?
Mais pour ce qui est de l'émission Studio 12, c'est une autre paire de manches. Animée par la verbomotrice Rebecca Makonnen, qui incidemment, prend la relève de France Beaudoin, Studio 12 est une émission de radio qui se consomme aussi en télé accompagnée d'un soupçon de Web.
Un grand plateau, des invités de domaine culturel, des performances en direct, quelle belle formule qui passe bien à la radio. On ferme les yeux et on y est. Mais à la télé, ça ne passe pas. On ne laisse pas assez de place à l'animatrice. Et sur le Web, c'est pauvre, mais très pauvre. Outre la diffusion en temps réel de l'émission, quelques extraits de l'émission en ligne, sans plus. Et c'est dommage, car une telle émission pourrait justement s'imposer dans les trois univers.
Que l'on permette à l'animatrice de «faire» un peu de télé, et que l'on construise pour l'émission un environnement web digne de ce nom, avec diffusion d'émission en direct, reprise en différée, découpage en courts segments des performances des invités, code d'imbrication avec les clips permettant aux blogueurs de les intégrer à leur carnet et ainsi renforcir le brand de l'émission en ligne. Les idées ne manquent pas. Est-ce le budget? Le vouloir? Dommage car ici, nous avons un beau cas d'espèce qui mériterait qu'on s'y attarde.
par Michel Dumais