À quelques jours des audiences sur CRTC où se jouera assurément son avenir, TQS entend la carte d'une information locale différente. Le réseau à l'agonie fera-t-il appel aux journalistes civiques?
Ce matin, dans le Devoir, dans un article signé Paul Cauchon portant sur TQS, une petite phrase en apparence toute simple a attiré mon attention. Bien qu'elle affirme ne plus vouloir faire de bulletins de nouvelles traditionnels, TQS n'en entend pas moins continuer à produire de l'information locale. Mais comment? De quelle façon alors? Quomodo?
On pouvait lire dans cet article du Devoir Serge Bellerose, vice-président et directeur général de TQS affirmer que...
«... les bulletins de nouvelles ponctuels à heures fixes «ne sont plus les lieux de rassemblement qu'ils ont été dans le passé» et que la nouvelle brute circule partout de façon instantanée.»
«TQS entend maintenant produire de l'information locale, mais non sous la forme de bulletins de nouvelles. Son rôle doit s'orienter davantage vers l'analyse, le commentaire et l'interprétation des nouvelles brutes, et aussi vers le dialogue avec les citoyens autour de ces nouvelles brutes.»
Cauchon, Paul. TQS veut produire une information locale «différente». Le Devoir.
Que veut-on dire par dialogue avec les citoyens? TQS entendrait-il jouer la carte du journalisme civique?
Pour ma part, je ne peux m'empêcher de sourire lorsque j'entend les entreprises de presse évoquer de plus en plus régulièrement le journalisme civique. Pour quelle raison ce soudain «grand amour» pour les médias citoyens? Est-ce vraiment parce qu'ils ont compris que les citoyens entendent participer et réfléchir aux grands enjeux, ou tout simplement pour remplacer des journalistes à peu de frais?
Il ne faudrait surtout pas que l'équation «journalisme civique = contrôle des coûts» s'avère le seul motif à ce soudain intérêt des médias pour le journalisme civique. Remplacer des journalistes chevronnés par des journalistes civiques, quelle idée ridicule. Et vouée à l'échec. Alors que les deux mondes ont tout intérêt à travailler ensemble.
De plus, comme dans toute bonne relation d'affaires, les deux parties en présence se doivent d'avoir une réponse à la question «What's in it for me?» «Qu'est ce que j'obtient en retour?» C'est d'ailleurs la règle du «gagnant-gagnant» pour les deux parties qui doivent s'appliquer dans toute relation de type Web 2.0. Et on en parle pas nécessairement de montants d'argent directement versé en retour de contenus générés par l'utilisateur, mais pourquoi pas un pourcentage sur les revenus publicitaires? Où de certains privilèges? Une protection juridique en cas de conflits?
Or trop souvent, on constate que les médias qui embrassent le journalisme civique prennent tout, sans vraiment redonner à l'utilisateur. Un modèle qui, à terme, devrait lamentablement échouer. Espérons que TQS n'entend pas jouer cette carte car à plus ou moyen terme, l'échec les guette.
Cela dit, je n'ai pu m'empêcher de demander à Olivier Niquet, co-fondateur du site de journalisme civique Cent Papiers comment il interprétait cette nouvelle. Selon Olivier Niquet...
«Les médias commencent à se rendre compte que les gens veulent participer et sont capables de leur fournir de l'information de qualité. C'est assez positif.»
«Pas évident de voir ce que sont les réelles motivations des entreprises médiatiques : faire participer la population au débat public ou réduire leurs coûts en sous-traitant la production de l'information aux citoyens ?»
«C'est plus facile sur le Web de rétribuer les participants puisqu'il y a d'autres monnaies d'échanges qui jouent sur la réputation et la visibilité. CentPapiers pourrait certainement agir comme une agence de presse et fournir les médias traditionnels en contenu citoyen dans la mesure où il reste transparent et indépendant.»
Cent Papiers comme agence de presse? Et pourquoi pas? L'idée est intéressante, en autant que Cent Papiers fasse dans l'info locale, qu'il y aille beaucoup plus de billets où l'on se contente de rapporter la nouvelle et un peu moins de billets «mon ego - mon commentaire». Car sinon, il faudra répondre à cette autre question, «Who the f... are you?»
Mise à jour: Le document mis en ligne par TQS (PDF)
par Michel Dumais
De fait, comme vous le suggérez en terminant, on n'ira[it] pas loin avec plus de commentaires ad infinitum et plus d'EGO, s'il n'y a pas d'info, digne de ce nom, les nourrissant. Or, ce semble être là justement 'passablement' ce à quoi se destinerait une TQS-Remstar. Car les détenteurs d'infos et 'connaisseurs', incluant débatteurs chevronnés, se trouvant déjà 'ailleurs', bien rémunérés, on prendrait les «"restants"»...
BONNE NOUVELLE...
Doc Mailloux et Stéphane Gendron vont être de retour. Enfin.
Yessir.