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jeudi 17 avril 2008 à 8H51

Réveillez-vous, gens de la radio!


radio
Si les radios commerciales traditionnelles d'ici ne veulent pas faire un véritable examen de conscience, le jour n'est pas loin où elles devront céder leur place aux radios en ligne.

Avez-vous vu les derniers sondages BBM? Autant la radio parlée (Radio-Canada, 98,5 FM) ne cesse de gagner du terrain, autant les radios musicales (CKOI, Énergie) elles, sont en perte de vitesse. Et il en sera ainsi pour plusieurs années si leur direction ne se réveille pas.

Pour expliquer cette désaffectation de l'auditoire, les diffuseurs privés québécois de langue française préfèrent blâmer le système canadien de quotas qui leur impose une l'obligation de faire majoritairement tourner des chansons en français (65% de la programmation) plutôt que de regarder dans leur propre cours. Foutaise! Et c'est ce que pense aussi le chroniqueur Marc Cassivi de la Presse.

Pourquoi les jeunes (et moins jeunes) boudent-ils la radio commerciale? Parce qu'elle est frileuse, conservatrice, allergique à la nouveauté et pratiquement sans intérêt pour le mélomane le moindrement averti. Ce dernier a plus de chances de faire une découverte musicale dans une télésérie doublée à VRAK ou une pub d'ordinateur portable qu'à la radio commerciale. C'est tout dire.

Plutôt que de blâmer des quotas essentiels à la pérennité de la culture musicale québécoise, les radiodiffuseurs privés devraient jeter un coup d'oeil sur leur propre programmation. Ils y trouveront un manque flagrant de diversité, une absence totale d'audace et de flair. Ils y trouveront, surtout, une poignée de chansons consensuelles qui tournent en boucle sur leurs ondes comme un disque rayé de Céline Dion.

Récemment, je me suis imposé l'écoute de ces stations musicales et je dois vous dire qu'entre les «salut la gang» et les deux trois gags des animateurs-humoristes, c'est le vide en ce qui concerne la musique. Rien à voir avec les programmations de radio communautaires comme CHOQ, CISM ou CIBL qui au contraire, ne cessent de vouloir prendre des risques et nous faire découvrir de nouveaux talents

Et une nouvelle menace se dessine à l'horizon pour ces radios commerciales: elle provient des radios en ligne et des baladodiffusions qui, après un départ difficile, commencent à gagner en crédibilité et en audience. Rappelez-vous cette étude sur la radio en ligne dont nous avions parlé il y a quelques jours de cela. Si j'étais un grand patron de radio commerciale, je commencerais à me poser des questions.

Pour vous donner un exemple de la popularité croissante de la baladodiffusion, je connais plusieurs «podcasteurs» d'ici qui, après avoir été démonisé par l'industrie du disque, commencent à recevoir sans qu'ils aient besoin de le demander, les plus récentes parutions des artistes d'ici et d'ailleurs, gracieuseté des compagnies de disque. De méchants pirates, nos «podcasteurs» sont soudainement devenu crédibles aux yeux de l'industrie. Contrairement aux radios commerciales, les «podcasteurs» et les radios en ligne n'ont pas peur de prendre des risques et de faire connaître de nouveaux artistes. Et ça, ça m'enthousiasme au plus haut point.


par Michel Dumais



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 4 commentaires


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    Lucie a dit le 17 avril 2008 Signaler ce commentaire

    C'est vrai que les radios commerciales sont hyper conservatrices. J'écoute uniquement Couleur Jazz et Info 690. Pour le reste, j'aime mieux me brancher à une radio en ligne ou écouter et acheter des pièces dans le iTunes Store. Les radios commerciales ont des formules qui « datent » de 10 ou 15 ans. On ne veut plus entendre la même « toune » trois fois par jour. On veut de la variété et de l'audace. Mais pour ne pas froisser leurs annonceurs, les directeurs de la programmation préfèrent mettre toujours les mêmes artistes. De toute façon, le principe de la radio commerciale est le suivant : des messages publicitaires entourés de chansons. Et si les animateurs-trices allaient au-delà du « On vient d'entendre X, il fait 10 degrés et après la pause on vous réserve Y », les gens tenderaient beaucoup plus l'oreille...

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    alainl a dit le 17 avril 2008 Signaler ce commentaire

    Et il y a Galaxie le service de Radio-Canada que l'on a via le cable numérique ou le satellite. De mon coté je me promène de la radio communautaire de Québec (CKRL), à mon collection de CD, à Galaxie quand je n'ai pas courage de charger mon lecteur de CD!
    Par contre la radio de province (hors Montréal et Québec surtout)est encore intéressante. Comme ils ont une mission régionale en tant que seul média parlé de leur coin et qu'ils doivent plaire aux différents publics de leur région, cela donne des mélanges de style fort sympathiques: du country, du rock d'hier à aujourd'hui, de la chanson francophone de tous les horizons, un vieux disco de temps à autre, des rigodons à Noel... Ce n'est pas mono-culture comme les stations de Montréal et Québec (et Gatineau aussi probablement).

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    serge lemire a dit le 17 avril 2008 Signaler ce commentaire

    Il est évident que les radios commerciales n'agissent que comme valets de "l'industrie". Toujours les mêmes platitudes en boucle. Vive la baladodiffusion!
    J'étais un adepte inconditionnel de la radio parlée depuis toujours sauf que depuis 4 ans je boude toute la radio. Je préfère les baladodiffusions de Jacques Languirand, BFM Chine Hebdo et 2000 ans d'histoire de France Inter. J'en ai assez d'entendre les mêmes pluggages d'artistes, d'écrivains etc. Je préfère m'instruire...je sens bien que je ne perds plus mon temps. Au fait, je fais moi-même de la baladodiffusion...mais je cherche encore ma voie. www.dubonetducon.com

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    nomeansno a dit le 18 avril 2008 Signaler ce commentaire

    Je ne suis pas entièrement d'accord.... comment voulez-vous offrir de la diversité si vous devez mettre 65% de music francophone!!!!! 65% de heavy metal québécois francophone, 65% de punk québécois francophone, 65% de techno québécoise francophone, 65% de jazz québécois francophone???? Cmon! Cette limite n'est bonne que pour les gros joueurs de l'industrie du disque! Ce que nous voulons c'est une limite d'environ 5% (une tounne sur 20 c'est quand même beaucoup!) de contenu québécois (Fr et ang) et plus de stations de radio! Il est certainement possible au CRTC de permettre 10-15 nouvelles stations de radio a montréal!
    Je n'ai jamais écouté la radio a MTL car la musique que j'écoute n'a jamais été joué a la radio. Une seul station au québec mettait de la music rock contemporaine et c'est a québec... il ya quelques années j'ai, a mon TRÈS grans étonnement!, entendu en l'espace de 5 min une tounne de Janes Addiction et une autre du groupe Elastica a quebec dans une station service en mettant du gaz! J'écoute donc quelques fois The Buzz afin d'entendre la music de ma jeunesse!


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