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Suite de ce grand dossier sur le journalisme citoyen que MédiaBiz vous propose. Entrevues, commentaires, réflexions, nous examinerons de plus près ce phénomène avec ses acteurs afin de voir si cette tendance sera parie prenante du journalisme de demain.
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Le journalisme citoyen selon ses acteurs*****
Selon Joël de Rosnay, co-fondateur du site français Agoravox, « le journalisme citoyen ne se définit pas par une logique éditoriale dédiée à un thème, une éthique, une vision politique, un engagement militant, […] il se caractérise par la notion de responsabilité et d'inscription dans la vie de la cité, sans orientation politique prédéfinie ou imposée. »Les membres de ces sites espèrent d’ailleurs que la somme des apports diversifiés de tous les participants puisse constituer une sorte d'objectivité globale, sans bien sûr prétendre atteindre un idéal journalistique. Çela implique que n’importe qui peut s’inscrire, soumettre des articles et obtenir de bonne chances d’être publiés.
Avec quelquefois, le risque de dérapage ou de perte de crédibilité dû à un rédacteur/journaliste qui, sous prétexte d’informer, cache un agenda dicté par des motivations personnelles ou un groupe de pression.
« Qui se cache derrière ce nom ou ce pseudonyme? » ne cessait d’ailleurs de questionner l’auteur de ces lignes lors d’une table ronde sur le journalisme citoyen lors du dernier congrès de la FPJQ.
Olivier Niquet, co-fondateur du site québécois CentPapiers est bien conscient de cette problématique. « Nous avons dû quelquefois refuser de publier un article qui se voulait quasiment la reprise d’un communiqué de presse ou encore, d’où transpiraient des conclusions qui allaient au-delà du désir noble d’informer, d’expliquer ou de commenter. »
Et les raisons qui motivent ces journalistes d’être lu (ou vu)? Elles sont multiples.
Selon Olivier Niquet, plusieurs rédacteurs citoyens s’emparent du clavier et de la souris afin d’acquérir un statut ou de se forger une réputation sur Internet et à terme, dans les médias traditionnels. D’autres le font pour développer des liens avec d'autres personnes ayant des intérêts similaires. Quelques-uns (trop rares) rédigent pour tenter de donner un sens ou de mieux comprendre un sujet. Et enfin, plusieurs le font tout simplement pour informer et être informé, pour divertir et être diverti; et pour le simple plaisir de créer.
Mais c’est en premier lieu ce fantasme du moi chroniqueur qui l’emporte sur toutes les autres raisons. Ils ne sont pas légions ceux qui prétendent vouloir faire du véritable journalisme, de s’effacer devant la nouvelle et de la rapporter le plus objectivement et fidèlement possible, ce que Olivier Niquet déplore.
On peut dire que le concept même de journaliste citoyen dérange et certains tentent de le remettre en perspective, tout en faisant preuve d’une ouverture d’esprit face à ce phénomène.
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Deux sites incontournables en anglaisLe précurseur, le premier portail à explorer le concept de journalisme citoyen, le coréen OhmyNews. Fondé en 2000 par Oh Yeon Ho, OhmyNews publie les textes de près de 50 000 contributeurs. On estime qu’environ 20% des articles mis en ligne sont le fait de journalistes professionnels. Les auteurs des meilleures parutions peuvent dorénavant recevoir une compensation financière. OhmyNews emploie environ 55 personnes à temps plein.
Parmi les faits d’armes d’OhmyNews, nombreux ceux qui soulignent (et critiquent) son rôle joué dans l’élection en 2002 du président sud-coréen Roh Moo Hyun. D’ailleurs, la première entrevue que le président Hyun a accordée après son élection fut à un journaliste du OhmyNews.
Un portail citoyen qui a vu le jour à Vancouver en mars 2005, NowPublic affirme compter sur un bassin de plus de 31 000contributeurs afin d’alimenter quotidiennement son site. NowPublic compte environ 15 employés. S’est fait remarquer récemment par son entente de partenariat avec l’agence Associated Press.
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Ce dossier a été originalement publié dans la revue le 30.par Michel Dumais