Apple obligerait les développeurs d'applications pour iPhone, iPod touch et iPad à utiliser ses outils de programmation, selon le Financial Times. De fait, le groupe pourrait être placé sous enquête par les autorités de la concurrence aux États-Unis, rapporte le journal.
Plusieurs sources citées par Reuters et le Financial Times semblent en effet pencher pour l'ouverture d'une procédure. Un ancien responsable de la FTC, David Balto, estime par exemple que «ce qu'il (Apple) fait est à l'évidence anticoncurrentiel. Il veut une autoroute et en plus de ça c'est lui qui perçoit les péages».
À l'heure actuelle, la Federal Trade Commission et le département de la Justice seraient en train d'étudier le dossier afin de décider que des deux sera responsable de l'enquête. Ce serait la première fois de son histoire qu'Apple ferait l'objet d'une enquête pour pratiques anticoncurrentielles.
Ces soupçons sont en lien direct avec le refus d'Apple d'intégrer Adobe Flash à ses plateformes mobiles. Les deux partenaires de longue date - Adobe a déjà détenu 20% des parts d'Apple - ont récemment scellé leur divorce après qu'Apple ait apporté des changements au contrat du SDK d'iPhone OS 4.
Ce contrat oblige les développeurs d'applications à ne recourir qu'aux API Apple et aux langages Objective-C, C, C++ ou JavaScript. Ce qui exclut par définition les outils tiers et multiplateformes tels que la suite CS5 d'Adobe.
Le patron d'Apple, Steve Jobs, a publié la semaine dernière une longue lettre pour expliquer que son rejet de Flash était basé sur des raisons technologiques.
De son côté, Adobe estime que les conditions de développement imposées par Apple sont insoutenables et qu'elles visent à permettre à Apple de garder le contrôle sur l'App Store. De fait, l'entreprise aurait évoqué la possibilité de poursuivre elle-même son ancien partenaire pour pratiques anticoncurrentielles.
par Anne-Caroline Desplanques