Le gouvernement Harper a profité du discours du Trône hier pour réaffirmer sa volonté d'ouvrir davantage le marché canadien aux investisseurs étrangers dans plusieurs secteurs clefs, dont les télécommunications.
À la suite du discours, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a déclaré qu'ouvrir le marché aux investisseurs étrangers permettrait à l'industrie canadienne des télécommunications de «continuer à croître et à innover».
Pour ce faire, il faudrait changer la législation qui stipule actuellement qu'un investisseur étranger ne peut détenir plus de 20% des actions d'une entreprise canadienne de télécommunications. Une règle qui a d'ailleurs fait la manchette récemment dans le cas de Globalive.
Cet opérateur, largement financé par une entreprise égyptienne, s'était vu refuser sa demande de licence par le CRTC qui jugeait que Globalive n'était pas sous contrôle canadien. Tony Clement avait infirmé cette décision pour stimuler la concurrence qui assure de meilleurs prix et de meilleurs services.
L'arrivée de nouveaux joueurs favoriserait certes les consommateurs, car comme l'a expliqué à RDI Me Anthony Hémond, analyste en télécommunications à l'Union des consommateurs, «pour attirer des clients un nouvel opérateur est obligé d'offrir soit un meilleur produit, soit des tarifs plus bas».
Cependant, il rappelle que toutes les fréquences de téléphonie cellulaire ont été vendues il y a deux ans aux enchères et qu'il n'y a donc pas de place pour de nouveaux joueurs à moyen terme. Ce, à l'exception de ceux qui ont déjà acheté des licences et qui émergeront cette année. Selon lui, la seule façon actuellement pour des entreprises étrangères de s'implanter au Canada serait de s'associer à celles qui ont déjà pignon sur rue.
par Anne-Caroline Desplanques