Le regroupement pour l'appropriation collective de l'informatique libre (FACIL) accuse le gouvernement Charest d'intimidation parce que celui-ci lui réclame le remboursement de
106 000 dollars de frais de justice.
Le gouvernement du Québec et le Centre des services partagés du Québec (CSPQ) ont entamé des procédures légales pour le remboursement de frais d'avocat encourus à la suite d'une poursuite intentée contre le CSPQ. Le dossier avait été rejeté par le tribunal à la fin de l'année 2008.
L'organisme sans but lucratif, qui risque la faillite s'il se voyait obligé de payer, estime qu'il s'agit d'une attaque du gouvernement Charest à l'encontre du logiciel libre au Québec et d'une tactique pour faire fermer le regroupement.
La semaine dernière le président de FACIL, Cyrille Béraud, témoignait devant la cour dans le procès qui oppose Savoir-faire Linux à la Régie des rentes du Québec (RRQ).
L'entreprise de services IT dirigée par M. Béraud poursuit la RRQ pour avoir octroyé, sans appel d'offre, un contrat - pour la mise à jour de postes de travail - d'une valeur de 722 848 dollars à Microsoft. Le président de Savoir-faire Linux soutient que son entreprise, qui se spécialise dans les logiciels libres, peut offrir les mêmes services à un moindre coût. Les partis sont actuellement en attente d'un jugement.
Selon M. Béraud, le Québec ne laisse pas sa chance au logiciel libre, qui pourtant, à l'heure où le gouvernement cherche à faire des économies, pourrait faire une différence dans les caisses de l'État.
Jeudi dernier, le cabinet Pierre Audouin Consultants a fait savoir qu'il prévoyait une nouvelle hausse de 44% pour le logiciel libre en Europe en 2010. En 2009, elle avait été de 47%.
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par Marie-Noëlle Reyntjens