AOL retrouve aujourd'hui son indépendance, dix ans après l'annonce de son alliance ratée avec le groupe Time Warner. Le titre AOL sera pour sa part de retour en bourse demain.
Après une décennie d'un mariage malheureux, la marque AOL n'a pas perdu tout son lustre. En effet, selon un récent sondage, elle a conservé sa notoriété auprès des Américains, qui ne savent toutefois plus ce qu'il a derrière.
L'entreprise a en fait procédé à une profonde restructuration. Pour souligner son ampleur, elle a été baptisée «Project Everest». AOL veut en fait réaliser des économies de 300 millions de dollars par an et pour ce faire elle a inscrit au programme 2 500 mises à pied et de probables cessions de services comme ICQ et Mapquest.
L'objectif est de recentrer la marque sur le contenu. Pour se démarquer des portails dépendant de contenus tiers, comme Yahoo et MSN, AOL souhaite mettre en ligne 80% de contenus originaux. Pour ce faire, elle est prête à embaucher jusqu'à trois milliers de journalistes et blogueurs.
Alors que Time Warner avait racheté AOL pour la somme gigantesque de 165 milliards de dollars américains, aujourd'hui, la société détiendrait environ trois milliards de dollars de capitalisation. Au troisième trimestre, elle a enregistré une chute de 23% de ses recettes, à 777 millions de dollars en raison d'une baisse de 29% des abonnements et de 18% des revenus publicitaires.
Elle devra maintenant jouer des coudes pour tailler sa part de l'audience et de la publicité aux côtés des géants que sont Google et Yahoo. C'est justement l'ancien vice-président responsable des ventes publicitaires chez Google, aujourd'hui président du conseil d'administration et directeur général de AOL, Tim Armstrong, qui aura la lourde tâche de redresser le navire.
par Anne-Caroline Desplanques