Et si au lieu de se faire la compétition pour offrir mer et monde aux meilleurs candidats, les studios montréalais du jeu vidéo s'unissaient pour fixer des plafonds salariaux à leurs employés?
C'est ce qu'a proposé en juin 2007 la directrice des ressources humaines d'Eidos à son vis-à -vis d'Ubisoft Montréal, selon des informations qui ont circulé sur Internet, dont sur le site spécialisé Gamasutra.
Voici un extrait du courriel que Flavie Tremblay avait envoyé: «Je crois sincèrement qu'une collaboration nous permettrait éventuellement de mieux subvenir à nos besoins en formation de la main-d'œuvre et éviterait une surenchère des salaires qui ne profiterait qu'aux employés et menacerait à long terme d'industrie».
«Nous avons tous des problèmes à retenir notre personnel, mais je crois sincèrement qu'une augmentation salariale ne représente pas une solution», poursuivait celle qui est aujourd'hui à l'emploi d'Ubisoft, mais en congé de maternité.
Ubisoft confirme avoir reçu ce courriel l'année dernière, mais jure n'y avoir pas donné suite.
«Notre politique salariale est juste, équitable et basée sur nos propres barèmes et les lois du marché», dit Cédric Orvoire, le porte-parole.
Stéphane D'Astous, le directeur général d'Eidos, tient à prendre ses distances des initiatives de son ex-employée. Il assure que la perche que Mme Tremblay a tendue à Ubisoft, avant de le faire à d'autres studios comme A2M et Electronic Arts, «ne supporte aucune de nos valeurs et de notre culture d'entreprise».
L'initiative n'aurait pas été un ordre de la direction. D'ailleurs, Mme Tremblay a été remerciée de ses services l'année dernière pour cause de «conflits internes», dont l'un d'eux est cette histoire de collusion sur les plafonds salariaux.
«Le cap salarial est une bonne chose dans le monde du baseball, oui. Mais pour ce qui est de l'industrie du jeu vidéo, je suis pour le libre marché», plaide M. D'Astous.
par Carine Salvi