Le Canada considère une nouvelle force aérienne sans pilote
Les chercheurs du ministère de la Défense étudient la possibilité de remplacer les CF-18 vieillissants par une flotte d'avions sans pilote.
L'idée a d'abord été proposée dans une étude faite pour le ministère en 2003, mais ce n'est que maintenant qu'elle semble vraiment être prise au sérieux par l'armée de l'air.
Les CF-18 devraient demeurer en service jusqu'en 2017 grâce à une modernisation de la flotte en cours qui doit coûter 1,3 milliard $. Mais, dans dix ans, la technologie des avions téléguidés aura probablement atteint sa pleine maturité.
L'idée de simplement remplacer un avion par un autre n'est plus nécessairement valable, quand on les compare à des avions sans pilote moins chers, explique Thierry Gongora, chercheur au ministère de la Défense.
A une époque de budgets limités, alors qu'on remet en question les objectifs du Canada en matière de défense, et alors aussi que les Etats-Unis perçoivent leur périmètre de sécurité comme étant toute l'Amérique du Nord, la proposition d'acquérir des avions sans pilote n'a rien de farfelue, ajoute le général à la retraite et membre de la Conférence des associations de la défense, Paul Manson.
Pour attaquer une position fortement défendue, un avion sans pilote semble être une solution très intéressante, dit-il.
Les avions sans pilote actuels, comme le Predator américain, connaissent une popularité grandissante après avoir servi avec beaucoup de succès au sein des forces armées canadienne et américaine en Afghanistan.
Ces avions permettent de surveiller le territoire ennemi avec des caméras vidéo en temps réel et les derniers modèles équipés de missiles peuvent attaquer des cibles au sol.
Ces avions ne sont toutefois pas des robots puisqu'ils sont téléguidés par des techniciens au sol.
Mais certains experts de l'aviation croient que le temps des avions de chasse pilotés arrive à son terme. Selon eux, les futurs avions seront tout simplement trop sophistiqués et trop performants pour des pilotes humains.
Mais il reste à voir si des avions robots pourront un jour s'affronter en combat aérien sans aucune intervention humaine, ajoute M. Gongora.
Il faut s'attendre davantage à ce que le Canada suive l'exemple des Américains et des Européens qui utilisent à la fois des avions pilotés et des avions téléguidés, estime le lieutenant-colonel Carl Doyon, un ingénieur de 24 ans d'ancienneté pour les Forces aériennes canadiennes à la base de Bagotville.
© La Presse Canadienne, 2005