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Le nouveau programme de mise à jour de Microsoft soulève bien des questions (suite)
La où le bât blesse, c'est que Microsoft ne se contente pas de valider les numéros de série et les clés d'activation, comme elle en a le droit. En effet, la société de Redmond va beaucoup plus loin et fouine sur le disque dur du consommateur, et particulièrement dans la base de registre, afin de recueillir plusieurs informations n'ayant aucun rapport avec le simple processus d'authentification de Windows XP. Par exemple, la société Microsoft balaie le disque dur de l'internaute à la recherche d'informations comme les clés d'activation ou les numéros de série d'autres logiciels, des détails sur la façon dont l'utilisateur utilise son ordinateur, comment les données circulent entre le système d'exploitation et les différents périphériques telle l'imprimante, etc. Et c'est cette quête d'informations non nécessaire pour autoriser ou non le téléchargement de mises à jour qui irrite des associations comme l'Electronic Frontier Foundation. Bien que l'EFF reconnaisse que Microsoft n'est pas en mesure d'associer un nom avec les données recueillies, et qu'elle ne peut identifier d'aucune façon les consommateurs par son programme antipiratage, l'organisation américaine de protection des droits civiques s'interroge sur ce que Microsoft fera dans le futur des données uniques à chacun des consommateurs ainsi colligées. Pour faire une métaphore, c'est un peu comme si quelqu'un vous demandait vos empreintes digitales, votre numéro d'assurance sociale, votre numéro d'assurance maladie et votre permis de conduire, tout en promettant de ne pas associer votre nom à ces données. Des volontaires? De plus, le programme de Microsoft ouvre potentiellement la porte à des mesures coercitives beaucoup plus sévères. Microsoft pourrait-elle s'allier à d'autres éditeurs de logiciels afin de vérifier l'authenticité des autres logiciels installés sur le disque dur? Cela est chose du possible, d'autant plus que Microsoft a déjà annoncé que son programme WGA serait étendu à toute sa gamme de produits, tout comme il serait technologiquement possible un jour de désactiver un logiciel ou le système d'exploitation ou d'empêcher la lecture de fichiers issus d'un programme piraté. Il n'y a qu'à se souvenir des protestations qui ont fusé de toutes parts lorsque Bill Gates a présenté son concept d'Alliance pour une informatique de confiance (Trusted Computing Platform Alliance ou TCPA) et sa partie logicielle répondant au nom de code de Palladium. Quoi qu'il en soit, à moins de contestation judiciaire, le système d'authentification de Microsoft est là pour rester. Les internautes qui ont acquis leur système informatique et surtout, leur système d'exploitation pirate d'un revendeur pourront recevoir une copie gratuite de Windows XP en dénonçant ce revendeur, une copie de la facture et de l'OS piraté s'avérant nécessaire. Quand à ceux qui ont trouvé leur copie de Windows XP sous les sabot d'un cheval qui passait tout proche ;-), Microsoft vous offre de régulariser votre situation en vous revendant une copie légale de Windows XP à moitié prix.
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Texte rédigé par : Michel Dumais
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 27 juillet 2005
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