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Île sans Fil : pratique, fiable et gratuit (suite)
Et le succès est au rendez-vous. Alors qu'il y a un an à peine, les dirigeants d'Île sans Fil devaient presque supplier les propriétaires de bistrots de la pertinence d'un tel projet, aujourd'hui, ses bénévoles ont peine à répondre à toutes les demandes. Des regroupements de marchands ont vite compris qu'il y avait une opportunité à saisir. Par exemple, la Société de Développement du Boulevard Saint-Laurent a conclu une entente de partenariat avec Île sans Fil afin que la zone située entre Sherbrooke et Mont-Royal soit recouverte d'un filet d'ondes sans fil. Certains chroniqueurs et éditorialistes ont même lancé l'idée que la ville de Montréal se devait de conclure une forme de partenariat avec Île sans Fil. De dire François Cardinal, du quotidien La Presse, qui demandait aux dirigeants de la ville de Montréal d'accorder une subvention de 100 000$ à Île sans Fil afin de s'assurer de la pérennité d'un tel projet: «Que des peccadilles, en somme, pour un projet qui permet aux citoyens et aux touristes de profiter d'un service public et gratuit, de briser l'isolement des travailleurs autonomes et des artistes et de faire parler de Montréal un peu partout sur la planète Web.» Cependant, quelques nuages noirs se profilent à l'horizon pour Île sans Fil. Outre l'inévitable crise de croissance à laquelle devra faire face tôt ou tard l'organisme pour cause de succès (mérité), il est possible que les entreprises de télécommunications réagissent à cette compétition que certains qualifieraient de déloyale. Déjà, dans certains états américains, les «telcos» se mobilisent afin de demander aux élus de modifier cet état de choses et de laisser jouer la concurrence. Quant aux quelques municipalités qui ont conclu des partenariats avec des organismes comme Île sans Fil, les entreprises de télécommunications exigent qu'elles se retirent de ce marché, arguant qu'un gouvernement, quel qu'il soit, n'a pas à entrer en compétition avec l'industrie privée. Bien que les majors de télécommunications canadiens et québécois ne se soient pas encore manifestés, les dirigeants d'Île sans Fil se doivent toutefois d'être vigilant. Selon toute constatation, le déploiement de points d'accès commerciaux à Internet sans fil dans la région montréalaise est plutôt marginal. Outre chez les établissements hôteliers et la chaîne de cafés Second Cup, très peu de commerces offrent l'Internet sans fil tarifié. On peut donc s'attendre à une réplique des entreprises de télécommunications. Sous quelle forme toutefois? Bien malin qui pourrait le dire. Mais il y aura réplique car normalement, ce qui arrive chez nos voisins du Sud ne tarde pas à franchir la frontière. En complément de lecture: Île sans fil Should Cities be ISP's? Is Low-Cost WiFi Un-American? Municipal broadband and wireless map in US Hands off our WiFi network
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Texte rédigé par : Michel Dumais
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 22 juin 2005
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