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Mission impossible? Mandriva entend imposer Linux sur le bureau (suite)
En effet, depuis plusieurs années, les serveurs à code source libre, Linux étant le plus populaire, règnent en roi et maître sur la Toile. Sur le bureau toutefois, il en va autrement. Malgré toute la meilleure volonté du monde, il est difficile, sinon quasiment impossible de remettre en question la domination de Microsoft sur le bureau (desktop). Toute déclinaison confondue, le numéro un du logiciel contrôle presque 90% du parc informatique mondial. On s'imagine à tort que le plus grand défi lors d'une migration vers l'Open Source est technologique. Il n'en est rien. Le principal enjeu réside plutôt dans la formation des usagers au nouvel environnement. Par exemple, plusieurs sociétés ayant fait le saut de Microsoft Word vers OpenOffice ont du composer des coûts importants de formation afin de familiariser leurs employés à une nouvelle suite bureautique. Or, en faisant l'acquisition de la société américaine Lycoris, Mandriva met la main sur une distribution Linux unique qui propose depuis sa fondation une interface utilisateur qui ressemble à s'y méprendre à l'environnement Windows, la norme au niveau international. Détail cocasse qui donne une idée du but avoué de ses fondateurs de doter leur produit d'une interface semblable à Windows, Lycoris se nommait à ses débuts … Redmond Linux. Encore aujourd'hui, l'environnement ressemble à s'y méprendre à celui de Windows XP. Outre les couleurs caractéristiques, certaines fenêtres semblent avoir été clonées dans XP. Par exemple, le « Control Center » de Lycoris est une réplique exacte du panneau de contrôle de Windows XP. Pour une société qui cherche depuis plusieurs années « à accélérer le développement de ses technologies Desktop, essentielles pour l'adoption de Linux par les particuliers et les entreprises », l'acquisition de Lycoris se voulait donc un enjeu stratégique certain. Aujourd'hui, Mandriva annonce le développement « d'un nouveau produit basé sur la convergence entre Mandriva Discovery et Lycoris Desktop/LX. D'ailleurs, les deux équipes ont déjà commencé à travailler sur ce nouveau produit. » Il faut donc s'attendre à ce que les premiers marchés visés par Mandriva soient ceux de l'éducation et des administrations publiques, deux niches où le logiciel à code source libre tente de s'imposer. Initiative récente de Mandriva, le programme Academia propose aux acteurs du monde de l'éducation une démarche de soutien et d'accompagnement destinée aux universités, aux écoles et aux institutions de recherche. S'il faut se fier aux expériences du passé, la première version de Mandriva à intégrer l'environnement convivial de Lycoris devrait normalement être proposé en deux déclinaisons : une payante, à valeur ajoutée, mais une autre libre et gratuite, que plusieurs autres sociétés Linux devraient utiliser comme noyau de base à la conception de leur propre produit. Par exemple, la distribution québécoise EduLinux est elle-même basée sur les produits Mandriva. Il sera donc intéressant de voir si un produit solide, bénéficiant du soutien d'une société reconnue, réussit un tant soit peu à remplacer des postes Windows ou Mac OS au sein d'organisations issues du monde de l'éducation par exemple. Mission impossible ou mission réaliste? Histoire à suivre. En complément de lecture: Mandriva Lycoris EduLinux
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Texte rédigé par : Michel Dumais
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 20 juin 2005
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