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La Suisse est favorable à la bibliothèque numérique européenne contre Google
La Suisse assiste pour l'instant en spectatrice aux balbutiements en matière de bibliothèques virtuelles. Mais le directeur de l'Office fédéral de la culture (OFC) Jean-Frédéric Jauslin n'exclut pas que la Bibliothèque nationale suisse participe aux futures réalisations européennes pour contrer le projet de Google.
En annonçant en décembre dernier son intention de numériser près de 15 millions d'ouvrages provenant de plusieurs bibliothèques américaines et britanniques, Google espérait fédérer et mettre en lumière des initiatives éparses. Craignant une prédominance de la notion de profit et de l'anglais, les Européens n'ont pas tardé à proposer leur propre projet, initié par le président la Bibliothèque nationale de France Jean-Noël Jeanneney. L'idée de Google est "très positive" et a le "mérite de la prise de conscience", confie à l'Associated Press M. Jauslin. Le projet du premier moteur de recherche sur Internet lui paraît toutefois quelque peu irréaliste dans la mesure où l'ambition affichée de numériser 50 000 pages par jour prendrait pas moins de... 200 ans! Les tâches de manutention et de contrôles des questions liées au droit d'auteur vont par ailleurs ralentir le travail. Enfin, il sera difficile d'empêcher toute intervention sur les textes mis en ligne. M. Jauslin soutient le contre-projet européen, davantage multiculturel. Si la Suisse ne dispose de son côté pas de projet de grande envergure en la matière, elle "ne peut que suivre le mouvement". Les Européens doivent encore se mettre d'accord sur les techniques à employer et établir des standards. Si un projet européen voit le jour, l'ancien directeur de la BN "imagine bien qu'on sera partenaire". L'actuel directeur de l'OFC est convaincu de la nécessité de développer la numérisation de documents. Aujourd'hui, "les gens se contentent de chercher des informations sur Internet et négligent le reste". M. Jauslin ne surestime pour autant pas l'importance d'une bibliothèque virtuelle: ce n'est pas parce qu'une "masse d'informations est disponible qu'elle sera utilisée et qu'elle rendra plus intelligent". Une numérisation systématique est "surréaliste", ajoute-t-il. Si les institutions helvétiques ne jouent pas un rôle moteur dans la numérisation du patrimoine écrit, une entreprise suisse fait figure d'acteur fort sur ce marché. Installée à Ecublens (Vaud), la société Assy a mis au point une machine à numériser les livres. Celle-ci est capable de scanner 1500 pages à l'heure, selon son président, Ivo Iossiger. Un premier exemplaire du tourneur de pages automatique "4 digital books" a été vendu en 2002 à l'université de Stanford (Californie) et la société suisse est en pourparlers avec Google. L'objectif de cette dernière nécessiterait l'engagement de "plusieurs centaines de nos machines", d'après M. Iossiger. Des contacts sont également établis avec l'Union européenne et avec la Bibliothèque nationale suisse. © La Presse Canadienne, 2005
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 09 mai 2005
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