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Bibliothèque numérique : la France veut associer le Québec à son projet contre Google Print
La France souhaite associer le Québec au projet de numérisation des grandes bibliothèques européennes qu'elle appelle désormais de ses voeux.
Le président de la Bibliothèque nationale de France, Jean-Noël Jeanneney, juge cette coopération "absolument essentielle". "Il faut développer des liens à tout prix", a-t-il déclaré mercredi en interview, en soulignant que Français et Québécois étaient "à l'égard de Google exactement dans le même bateau". Le patron de la BNF assistera en fin de semaine à Montréal à l'inauguration de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ). Il en profitera pour discuter avec la directrice de la BNQ, Lise Bissonnette, de la bibliothèque virtuelle que les Européens pourraient bientôt mettre en chantier. Il devrait s'entretenir également avec le patron des Archives du Canada, Ian Wilson, son objectif étant d'établir "très vite une relation structurelle avec le Québec et le Canada". Principal moteur de la Toile, Google a entrepris de numériser et de mettre en ligne d'ici 2015 une quinzaine de millions de livres provenant de grandes bibliothèques américaines et anglaises. Le projet, pharaonique, a pour nom "Google Print". "L'ambition de Google est d'organiser l'information du monde à sa manière. Cela entraînera une excessive prédominance du critère du profit dans l'organisation de l'offre culturelle et une prédominance d'un climat anglo-saxon sur le choix des oeuvres. Je n'ai pas envie que votre histoire et la nôtre, de Champlain à de Gaulle, soient soumises à cette seule hiérarchie", lance aujourd'hui Jean-Noël Jeanneney. Plaidant au nom de la diversité culturelle pour un "sursaut nécessaire", le patron de la BNF a appelé à une "contre-attaque " européenne face à l'entreprise googlelienne. Son appel a été entendu, notamment par le président Chirac, qui doit faire lundi, à l'occasion des Journées européennes de la culture, une série de propositions pour accélérer la numérisation des grandes bibliothèques en Europe. Le Québec et la Francophonie y trouveront leur compte, selon Jean-Noël Jeanneney. "Pour des raisons stratégiques, il vaut mieux s'appuyer d'abord sur l'Union européenne, explique-t-il. Il fallait rassurer nos amis européens, en leur montrant que ce n'est pas une manière indirecte d'affirmer exclusivement le français face à l'Amérique. Mais naturellement, c'est aussi une de nos préoccupations. Et je pense que si on avance dans cette direction, il y a beaucoup de bénéfices à attendre du point de vue de la promotion et du développement de la culture francophone." La BNF entretient déjà des liens étroits avec la BNQ. Les deux institutions ont signé il y a près d'un an une entente de coopération et Lise Bissonnette fait partie du comité scientifique de la "grande bibliothèque" française. Le Canada et la France ont par ailleurs entrepris il y a quelques années de numériser les documents portant sur leur histoire commune. par Michel Dolbec © La Presse Canadienne, 2005
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 29 avril 2005
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