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Antiterrorisme : un logiciel pour examiner les photos des passeports canadiens
Les autorités fédérales envisagent de comparer les photos des candidats au passeport canadien à celles des suspects qui figurent sur les listes de surveillance des terroristes.
Le Bureau des passeports a récemment testé un programme informatique qui compare le cliché d'un visage avec la figure des suspects et vérifie les correspondances. Le Bureau demande l'assentiment du Commissaire fédéral à la vie privée pour utiliser cette technologie de reconnaissance faciale. Ce système soulève les inquiétudes des défenseurs des libertés civiles quant à sa précision et à l'intrusion potentielle dans la vie privée des citoyens. Le projet expérimental a permis de prouver aux autorités que le système était suffisamment efficace et avancé pour être mis en place, selon un article publié par le ministère fédéral de la Sécurité publique. L'article reconnaît néanmoins du même coup que des technologies équivalentes utilisées aux Etats-Unis ont donné des résultats "moins que superbes". L'arbitre et ombudsman du Bureau des passeports, Jocelyn Francoeur, a dirigé le projet, conçu en collaboration avec le département de mathématiques et statistiques de l'Université d'Ottawa. Il fallait déterminer si le programme informatique pouvait rigoureusement relever la correspondance de deux images différentes de la même personne. Les responsables ont utilisé 6000 paires de photos numérisées. Ils ont haussé le niveau de difficulté en les dispersant dans une banque de données électronique de 143 000 photos de détenteurs de passeport. Le système a relevé correctement les correspondances dans 75 à 90 pour cent des cas, tout dépendant de la qualité de l'image et du nombre total de photos de la banque. M. Francoeur a qualifié ces résultats de "tout à fait positifs". Le Bureau des passeports a refusé de rendre public le rapport du projet. Aucun porte-parole de cette agence n'était disponible pour commenter le projet. Dans un rapport divulgué en mars, la vérificatrice générale, Sheila Fraser, avait affirmé que les listes de surveillance du fédéral - qui permettent de filtrer les candidats au visa, les demandeurs du statut de refugié et les voyageurs arrivant au Canada - étaient "en désordre" en raison d'imprécisions et de mises à jour bâclées. Le projet du Bureau des passeports soulève des inquiétudes quant aux listes qui seront utilisées pour le filtrage, a expliqué Roch Tassé, de l'organisme International Civil Liberties Monitoring Group. Il a ajouté qu'il n'y a pas de système cohérent mis en place pour gérer les listes. Ainsi, plusieurs sont compilées à partir de différences sources. "Personne n'est responsable de la qualité de l'information, a-t-il commenté. Il n'y a aucun mécanisme connu pour faire retirer son nom d'une liste si on s'y trouve par erreur." Le projet a défini 20 caractéristiques - qui vont de la luminosité de la peau aux poils du visage - qui pourraient affecter la précision du système de reconnaissance, a déclaré M. Francoeur dans l'article. Par Jim Bronskill © La Presse Canadienne, 2004
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Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 31 août 2004
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