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Musique sur Internet : l'industrie se réveille en 2003
BRANCHEZ-VOUS.com vous propose une brève rétrospective des événements qui ont marqué l'année 2003 dans le domaine de la musique sur Internet.
L'industrie du disque a compris assez rapidement que Napster, le pionnier et le plus populaire des réseaux d'échange de musique à son époque, constituait une menace réelle pour sa survie. Elle a donc intenté et remporté un long procès contre Napster, qui a dû fermer boutique en l'an 2001, avant de se placer sous la protection de la loi sur les faillites en 2002. Un de perdu, dix de retrouvés L'industrie du disque avait gagné une bataille mais pas la guerre, loin de là. Comme le besoin de téléchargement de musique avait été créé par Napster, d'autres logiciels ont pris la relève, notamment, parmi les dizaines qui sont offerts gratuitement, Kazaa, Morpheus, iMesh et Grokster. Mais l'industrie du disque constate que la faillite de Napster n'a que peu d'effet; les ventes de CD continuent à diminuer et les adeptes des réseaux P2P sont de plus en plus nombreux. Il faut donc tenter de faire fermer les nouveaux logiciels qui doivent être déclarés illégaux par la justice. La RIAA s'attaque donc à Morpheus et Grokster. Mais la technologie utilisée par ces logiciels engendre des réseaux complètement décentralisés, contrairement à celui de Napster, et les propriétaires ne savent donc rien du contenu qui y est échangé. Coup dur pour l'industrie du disque en avril 2003, un juge déclare au terme du procès que les propriétaires de Morpheus et Grokster ne sont pas responsables du contenu échangé sur leur réseau, une décision qui a par la suite été contestée. Bref, l'utilisation de ces logiciels est légale même si le contenu échangé peut enfreindre les lois américaines sur le droit d'auteur. Les services payants Mais, quelques jours à peine après le verdict sur la légalité de Morpheus et Grokster, Apple lance son service de musique en ligne iTunes Music Store, qui propose le téléchargement de chansons pour 99 cents US. Ce service aurait fait un tabac dès les premières heures qui ont suivi son ouverture et revendiquait récemment 25 millions de chansons téléchargées, suite au lancement d'une version pour Windows. La Pomme avait tenu son pari de populariser le téléchargement payant, ce qui eu un effet d'entraînement. Des entreprises telles que Coke, Wal-Mart, Microsoft, et de nombreux autres, ont annoncé le lancement de services similaires afin de profiter de ce qui semble désormais être un marché lucratif. D'autres acteurs sont attendus, en particulier depuis que Microsoft s'est impliqué dans la commercialisation d'une plate-forme qui permettrait à n'importe quelle entreprise de développer rapidement, et à moindre coût, son propre service de musique en ligne personnalisé. Mais si Apple démontre à l'industrie du disque qu'un service de téléchargement payant est viable, cela n'empêche par la RIAA d'attaquer en justice, dès le mois de septembre, les internautes qui offrent en partage un grand nombre de MP3 dans les réseaux P2P. Après quelques vagues de poursuites judiciaires, et quelques bavures, l'industrie du disque américaine se dit satisfaite par la baisse de fréquentation observée par Nielsen Netratings dans le réseau de Kazaa, et compte bien continuer ses démarches en 2004. Pendant ce temps, au Canada... Après le succès d'iTunes Music Store d'Apple, le Canada avait droit en octobre 2003 au lancement de son propre service de musique en ligne qui vend des chansons à l'unité, PureTracks.com, qui offrira d'ailleurs un portail francophone au début de l'an 2004. Tout récemment cependant, le président de la CRIA, un organisme qui représente l'industrie du disque canadienne, a laissé entendre que des poursuites en justice pourraient bientôt être engagées contre des utilisateurs qui partagent une grande quantité de fichiers MP3 dans les réseaux P2P. Rappelons qu'au Canada, le cadre juridique est différent de celui des États-Unis puisque le téléchargement de musique pour un usage privé serait légal mais le partage de fichiers musicaux, qui est une forme de distribution, ne l'est assurément pas. Et au Québec... En octobre dernier, Quebecor annonçait le lancement prochain de son propre service de vente de musique en ligne qui ferait une place importante aux artistes québécois. Le mois suivant, Quebecor, par l'entremise de sa filiale Groupe Archambault, lançait une campagne de sensibilisation contre le piratage de musique sur Internet et annonçait son soutien à la campagne de poursuites en justice de la RIAA.
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Texte rédigé par : Jean-Charles Condo
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 30 décembre 2003
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