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Surveillance sur Internet : entrevue exclusive avec un cyberdétective (suite)
BV! : Sans dévoiler tous vos secrets, pouvez-vous nommer quelques-uns des outils que vous utilisez lors d'enquêtes? AS : Contrairement à ce qu'on pourrait penser, j'utilise des outils disponibles sans restriction. Je travaille beaucoup avec Google, car la plupart des informations que je recherche sont disponibles dans la zone blanche, parfois dans la zone grise. J'utilise aussi des bases de données, des utilitaires comme «Whois», «Traceroute», je réalise quelques utilitaires en Visual Basic et, bien sûr, de nombreux programmes de sécurité informatique pour la détection de virus et de chevaux de Troie. BV! : Les internautes sont certainement moins anonymes qu'ils semblent le croire (ou l'espèrent). Pouvez-vous retracer les activités d'une personne sur Internet (à distance ou à partir des informations sur le disque dur local)? Qu'en est-il si une personne efface ses traces, manuellement ou avec un logiciel spécialisé? AS : Le premier obstacle que je rencontre est l'accès aux données. Je n'ai pas le droit d'intervenir à distance sur le disque dur d'une personne, sinon, tout serait simple: j'enverrais un cheval de Troie du type «Lover Spy» qui me donnerait un accès complet à la machine de la cible. J'utilise donc des traces locales et distantes, que nous laissons tous à un moment ou à un autre, sur Internet (contributions sur des forums) ou sur un disque, lorsque je peux travailler dessus. La plupart des utilisateurs ne sont pas méfiants et n'effacent pas correctement les fichiers compromettants. BV! : Prenons l'exemple d'une personne qui discute tranquillement dans une salle de clavardage («chat»). Pourriez-vous découvrir des détails personnels ou même confirmer son identité à partir d'informations récoltées par Internet? AS : N'ayant aucun accès autorisé pour consulter les fichiers «logs» des hébergeurs, je dois apprendre à utiliser d'autres outils, que l'on pourrait assimiler aux «Honey Pots» (pots de miel), élaborés pour confondre des pirates. Tout est une question de durée. Inutile d'espérer identifier un individu en 3 minutes sur un «chat». Mais s'il intervient plus longtemps, et dans un but précis, la préparation de «pièges numériques» peut donner de bons résultats. BV! : Des chercheurs américains prétendent qu'Internet est maintenant la principale source d'infidélité et la raison la plus souvent citée dans les causes de divorce. Cela se vérifie-t-il dans votre expérience quotidienne? AS : Une personne qui se sent délaissée ne peut compter que sur des rencontres fortuites ou dans son entourage, voire sur des services en ligne spécialisés. Avec Internet, tout est facilité: on peut choisir une rencontre en fonction de critères précis, correspondre par courriel, envoyer sa photo et des vidéos, depuis un cybercafé par exemple. D'ailleurs, on est même sollicité par des «pop-ups» pour ce genre de sites. Beaucoup de conjoints se plaignent de l'absence de dialogue dans le couple à cause de consultations de fin de soirée sur le Web, puis se trouvent devant le fait accompli.
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Texte rédigé par : Jean-Charles Condo
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 07 octobre 2003
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