Surveillance sur Internet : entrevue exclusive avec un cyberdétective
L'anonymat, la sécurité informatique et la surveillance sur Internet sont des sujets d'inquiétude pour la plupart des internautes. Dans le but de répondre à certaines des questions soulevées, BRANCHEZ-VOUS.com a réalisé une entrevue avec Alain Stevens, un cyberdétective français.
Depuis trois ans, Alain Stevens (AS par la suite) mène des enquêtes numériques, en particulier sur Internet. Auteur du livre «Le guide du cyberdétective», ce limier des réseaux, basé à Cannes dans le Sud de la France, a aimablement accepté de répondre aux questions de BRANCHEZ-VOUS.com (BV! par la suite).
BV! : Alain Stevens, vous vous décrivez comme un cyberdétective. Pouvez-vous expliquer brièvement en quoi consiste cette profession? Avez-vous une formation de détective ou d'informaticien?
AS : Il y a encore quelques mois, j'aurais eu du mal à faire une distinction entre les deux fonctions. À l'usage, je me rends compte que la plupart des détectives français ne sont pas encore prêts à intervenir dans le monde des réseaux. Compte tenu de cet immobilisme, je reprends une casquette de consultant en informatique, qui me semble beaucoup plus adaptée et, finalement, plus rassurante pour le public. Un détective, cela fait peur!
Donc, le cyberdétective mène des investigations sur des supports numériques, comme le Web, les réseaux et les disques durs.
BV! : Quelle est votre clientèle? Époux jaloux? Parents inquiets? Des entreprises qui se méfient de leurs employés?
AS : La clientèle est très variée, même si de plus en plus de demandes sont relatives à des problèmes d'adultère liées à des rencontres virtuelles qui aboutissent à des rencontres physiques.
Je suis autant contacté par des parents soucieux de surveiller les séances de «surf» de leurs enfants, que par des dirigeants de multinationales victimes de dénigrement sur des forums de bourse en ligne.
BV! : Dans le cadre d'une enquête, vous est-il déjà arrivé d'utiliser des outils de surveillance à distance (ou même d'espionnage) tels que Lover Spy? Des chevaux de Troie?
AS : Que les choses soient claires, je ne suis pas un pirate, et je dois veiller au strict respect de la législation. Il m'est arrivé d'installer des programmes de surveillance, comme Lover Spy, dans le cadre de chartes informatiques, pour éviter les abus, mais aussi pour surveiller les éventuelles utilisations abusives d'ordinateurs.
Texte rédigé par : Jean-Charles Condo
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 07 octobre 2003
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