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Exclusif BRANCHEZ-VOUS.com: Quand l'OQLF affiche sa méconnaissance d'Internet
L'éditeur du carnet Web Québec Urbain, Francis Vachon, a eu la surprise de sa vie, lorsque lundi dernier, un conseiller en francisation de l'Office québécois de la langue française lui a fait parvenir un courriel l'enjoignant à traduire en français les citations provenant de sites anglophones.
L'Office québécois de la langue française comprend-il quelque chose à la dynamique d'Internet? Qu'il soit permis d'en douter après lecture de ce courriel reçu par Francis Vachon, citoyen et éditeur du carnet Web (blogue) Québec Urbain. Soulignons que la qualité et la pertinence des billets de Québec Urbain lui ont même valu une invitation du Gouverneur général du Canada à participer à une table ronde sur la cité idéale. S'il faut en croire les propos de cette lettre adressée à Francis Vachon par un certain monsieur Armand Bélanger, conseiller en francisation à l'OQLF, un citoyen se serait plaint du fait que le calendrier permettant d'accéder aux archives du carnet Web du Québec Urbain serait uniquement en anglais. Or, il faut savoir que Francis Vachon utilise pour rédiger ses billets un progiciel appelé Radio, édité par la firme Userland en Californie, et vendu uniquement sur la Toile. Il est donc normal que certaines fonctionnalités ne soient pas francisées. Mais, bien que l'interface utilisateur de ces logiciels spécialisés soit en anglais, cela n'empêche pas ceux-ci de traduire impeccablement les caractères accentués en code HTML lorsque son propriétaire rédige un billet. De plus, le représentant de l'OQLF reproche au site Québec Urbain «de longues citations de revues américaines qui ne sont pas traduites, privant ainsi les citoyens de renseignements intéressants sur leur ville ou leurs arrondissements. Lorsqu'il s'agit de courtes citations, ça peut toujours aller, mais quand les citations sont trop longues, on risque de perdre la plupart des usagers (sic!).» En entrevue avec BRANCHEZ-VOUS.com, Monsieur Francis Vachon déplore le ridicule de la situation et surtout, de la méconnaissance totale de la dynamique d'Internet par les fonctionnaires de l'OQLF. «Je n'en reviens juste pas que ce fonctionnaire, n'ait pas pris quelques minutes de son temps pour vérifier que Québec Urbain n'était pas un site commercial, mais un site personnel, un simple blogue rédigé par un citoyen, comme il en existe un peu partout sur la Toile. Va-t-on me reprocher mon honnêteté intellectuelle à citer convenablement mes sources, parce que celles-ci sont en anglais? Et on s'étonne ensuite que l'OQLF soit caricaturée un peu partout dans le monde, à cause de ces interventions ridicules.» Monsieur Gérald Paquette, du service des communications de l'OQLF, n'a pas voulu commenter la lettre de Monsieur Armand Bélanger, se contenant de nous dire qu'il devait lui parler en premier, avant de se prononcer. «Sachant que monsieur Bélanger avait reçu une plainte, il est de notre devoir de vérifier si celle-ci est fondée ou non. Peut-être a-t-il fait un léger excès de zèle? Je me dois en premier de lui en parler avant de commenter le courriel envoyé à Monsieur Vachon.» Rappelons aux lecteurs de BRANCHEZ-VOUS.com la définition de l'OQLF du mot blogue : «Page Web évolutive et non conformiste présentant des informations de toutes sortes, généralement sous forme de courts textes mis à jour régulièrement, et dont le contenu et la forme, très libres, restent à l'entière discrétion des auteurs. Le ton très personnel et souvent sarcastique des commentaires présentés dans un blogue est caractéristique du type de site qui l'héberge. On trouve souvent dans un blogue des liens qui renvoient le visiteur vers d'autres sites.»
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Texte rédigé par : Michel Dumais
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 18 septembre 2003
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