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La police belge s'en prend aux usagers de Napster

On croit rêver! Impuissante à empêcher les services du genre Napster d'opérer, l'industrie du disque s'en prend aux utilisateurs. C'est en effet à la demande de l'International Federation of Phonographic Industry (IFPI) qu'en Belgique, la police a fait une descente chez des usagers de MP3Blast.com (désormais fermé), service Internet d'échange de musique. Bonjour Big Brother.

Outre MP3Blast.com, qui fait l'objet d'une enquête sur plainte de l'IFPI pour infraction aux droits d'auteur, le porte parole du ministère public, Olivier Bogaert, a déclaré aux médias que quatre autres cas impliquant des usagers de Napster étaient instruits. Marcel Heymans, responsable de la filiale belge de l'IFPI a fait savoir que leurs équipements de détection permettraient de localiser par milliers les utilisateurs fraudeurs.

Il ne faut pas s'étonner que la police belge se soit prêtée à ce jeu, dans un climat où l'Europe se préoccupe de se doter d'une législation destinée à protéger le droit d'auteur dans le cyberespace. On se rappelle immanquablement qu'il y a eu des précédents quand la Business Software Association (BSA) faisait pression sur les États et les polices pour faire la chasse aux entreprises utilisant des logiciels copiés illicitement, n'hésitant pas à calculer le manque à gagner fiscal pour l'État, de façon à justifier que celui-ci fasse intervenir les forces de l'ordre.

EMusic (Nasdaq: EMUS), service en ligne de vente de musique numérique, et titulaire des droits de 150 000 morceaux, a déjà mis en cause les internautes usagers de Napster dans sa croisade contre ce dernier, adressant des mises en demeure par courriel à ceux d'entre eux qui téléchargeaient sa musique, leur intimant de cesser dans les 24 heures, sous peine de représailles, et exigeant de Napster qu'il bannisse de ses listes d'utilisateurs plusieurs dizaines de milliers d'usagers.

De son côté, guère plus élégamment, et de façon moins médiatisée – il fallait se donner la peine de lire l'opinion de la Cour d'appel de Californie -, Napster lui-même n'a pas hésité pour sa défense, à tenter de se soustraire à sa responsabilité en pointant un doigt accusateur sur les utilisateurs du service qui seraient les vrais contrevenants, genre «c'est pas moi, c'est eux». Un comble!

Et voici que l'industrie du disque, impuissante face aux services en ligne, s'en prend au maillon le plus faible, l'usager. Sauf que les victimes de ce qu'il faut bien appeler de la répression se recrutent désormais dans sa clientèle traditionnelle. Cette manière forte risque bien d'être très impopulaire chez les jeunes et de se retourner contre les professionnels du disque.


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Texte rédigé par : Philippe Riondel
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 16 février 2001
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