Interviewée la veille de son départ pour Sydney, cette spécialiste de la course en fauteuil roulant est une habituée des podiums. En ces Jeux de la fin de septembre 2000, elle est arrivée sixième au 800 mètres, mais elle n'a pas dit son dernier mot puisque les Jeux paralympiques la recevront du 18 au 29 octobre prochain.
Elle devait également agir en tant que reporter directement des Jeux pour le site et la radio de Radio-Canada, mais le CIO ne permet pas aux athlètes d'agir en même temps comme journalistes. On la reverra quand même présenter les numéros gagnants de Loto-Québec à la télé à son retour cet automne. Elle a aussi animé «Pareil pas pareil» pendant deux saisons à la télé de Radio-Canada.
Discipline: course en fauteuil roulant
BRANCHEZ-VOUS!: Tout semble aller très bien pour vous et avec votre commanditaire Alcan?
Chantal Petitclerc: Je pars demain pour Sydney et je vais avoir mes trois dernières semaines là-bas avec mon entraîneur et Jeff Adams de l'Ontario. Je suis très contente de tout ça. Mes temps sont bons. Avec Alcan, c'est une super association. C'est aussi un support financier qui est très important pour moi comme athlète. Mes priorités restent toujours la compétition et la performance, ils comprennent ça. C'est mon premier commanditaire de cette envergure-là. J'ai rencontré des gens dans les usines au Saguenay, ça a été très agréable. C'est toujours bien fait, je suis toujours bien accueillie.
BV!: Vous faites partie de deux mondes, celui de la compétition olympique et celui de la compétition paralympique. Expliquez-moi comment ça se passe.
C.P.: Je pars et je cours le 28 septembre pendant une épreuve de démonstration aux Jeux olympiques. Ensuite, je vais à Brisbane en camp d'entraînement pendant deux semaines, puis aux Jeux paralympiques. Je peux décrocher une médaille aux Jeux olympiques, sauf que le sport n'est pas considéré officiellement, cette médaille ne compte pas au cumulatif du pays, mais c'est la même médaille que les autres.
BV!: Quelle est plus précisément la compétition à laquelle vous allez participer aux Jeux olympiques?
C.P.: Eh bien, c'est le 800 mètres qui est en démonstration depuis les Jeux de Los Angeles en 1984.
BV!: Est-ce qu'il y a d'autres disciplines paralympiques qui sont représentées aux Jeux olympiques?
C.P.: Non, c'est la seule. C'est la plus en vue, la plus développée au niveau des athlètes, des performances et du nombre de pays représentés.
BV!: Pouvez-vous nous parler du monde de la compétition parallèle? Quels sont les tournois importants auxquels vous participez?
C.P.: Chaque fédération (sports en fauteuil roulant, sports pour aveugles, etc.) a sa propre compétition notamment en basket, au tennis et en athlétisme et chacune a ses championnats du monde, ses coupes du monde ou ses rencontres d'athlétisme. Cette année, j'ai fait des compétitions en Europe et aux États-Unis, puis en Australie en janvier, où j'en ai profité pour venir voir de quoi avait l'air les installations olympiques et paralympiques. La sélection de l'équipe olympique s'est faite à Toronto. J'ai eu des compétitions presque chaque mois. J'ai aussi eu une saison qui est allée en pente croissante.
BV!: Quelle est votre position face à l'introduction de votre sport aux Jeux olympiques?
C.P.: Je pense que ça aurait dû être fait depuis longtemps. C'est un précédent aux Jeux olympiques, que d'avoir un sport qui reste si longtemps en démonstration. Nous, les athlètes, on est bien conscients que tout ce débat-là se situe ailleurs que sur la piste, c'est un peu politique, c'est une question de lobbying qui n'est pas fait ou qui est mal fait.
BV!: Quels sont les arguments de ceux qui n'acceptent pas ce sport dans la compétition olympique?
C.P.: C'est très complexe. Le comité olympique est très ouvert à ça. Le problème est souvent du côté du comité international paralympique qui représente les sports pour aveugles, pour sourds, etc. C'est sûr que le débat c'est pourquoi eux et pourquoi pas nous? S'il y a cinq ou six groupes d'handicaps qui sont représentés et qu'il y a un vote à faire, l'athlétisme en fauteuil roulant se retrouve minoritaire. Le comité olympique réagit en disant: “démerdez-vous entre vous et venez nous voir après”. Ils ont bien raison aussi. C'est une situation qui ne mène à rien. Nous, les athlètes, on n'a aucun pouvoir de décision.
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Texte rédigé par : Josée Leclerc
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 29 septembre 2000
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