Internet sous la surveillance du CIO
La surveillance d'Internet à la demande du Comité olympique ne se relâche pas et les deux entreprises chargées par le CIO de traquer les images illicites n'ont pu relever que de rares cas isolés.
Bien que les mesures et les interdictions édictées par le CIO aient été draconiennes, leur application en pratique semble rester affaire de «gentlemen» et il n'a pas encore été nécessaire de faire œuvrer la justice, selon les officiels. Une trentaine de cas seulement ont été relevés, l'un des plus notables étant la diffusion abusive d'images par la télévision sur Internet Moscow TV6. En général, un courriel, parfois appuyé par un appel téléphonique plus menaçant suffit à faire cesser l'abus.
Cette traque, confiée au Français Datops, qui offre par ailleurs en partenariat avec le CIO une vaste revue de presse internationale des Jeux, et au Britannique NetResult, est une opération d'envergure, puisqu'elle veut surveiller 24 000 sites Web 24 heures sur 24, et en même temps assez délicate car il est difficile de prendre ces sites en flagrant délit, la diffusion d'un extrait vidéo pouvant parfois être assez fugitive dans le temps. On peut donc supposer que le chiffre de 30 sites pris la main dans le sac est un nombre très inférieur à la réalité, et que le CIO clame ce nombre d'une part dans le but de laisser penser que personne ne peut passer à travers ses filets, et d'autre part dans le but de marginaliser le phénomène, tant pour dissuader les internautes de chercher ces sites que pour sauver la face.
L'interdiction du CIO concerne la diffusion Internet de tout ce qui a véritablement un caractère de «direct», c'est-à-dire bien sûr les images vidéos, mais aussi les bandes sonores et les interviews «live», et même les bandes déroulantes en bas de l'écran, à la façon de la bande affichant les résultats de la Bourse, affirme Dave Powell, responsable du contrôle des droits d'auteur pour le CIO à nos confrères de l'Associated Press.
En fait, même NBC, ayant acquis pour quatre milliards de dollars l'exclusivité des images des Jeux jusqu'en 2008, se voit interdire une diffusion sur le Web, si ce n'est, à titre expérimental de pouvoir montrer sur son site dédié à Sydney de tels extraits avec un délai de 24 heures. En effet, ce type de diffusion, même par NBC, pourrait nuire aux droits de la vingtaine d'autres télédiffuseurs exclusifs pour d'autres régions du monde.
Texte rédigé par : Philippe Riondel
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 22 septembre 2000
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